I. Soliloq., c. lY
90 SAINT BONAVENTIIRE. ,
OU retombent, tandis que la pensée monte, illumine, «nflamme les âmes et les cœurs.
Oui, Bonaventure fut un musicien, un artiste à la manière de François, chantre et héraut du Grand Roi, répétant à tous les échos : l'Amourn'est pas aimé !
Si haut que s'élève le mystique dans le sentiment illimité de l'union avec Dieu au-dessus des réalités du temps et de l'espace, il n'y atteint qu'à l'aide d'images qui surgissent devant son âme. C'est ainsi que dans Y Itinéraire de l'âme à i)ïeM Bonaventure nous apprend que « vu la condition de notre état l'universalité des choses est l'échelle pour monter, et que dans les choses nous trouvons le sentier, des images; puis de la connaissance du nionde extérieur nous passons à celle du monde intérieur, c'est-à-dire où l'homme contemple comme dans un miroir l'image de la très sainte Trinité » . Or, dit Thode, « ce degré constitue naturellement le point de vue du poète et du penseur ». Le souverain degré est la contemplation divine, où cessent toutes les opérations de l'intelligence, pour ne laisser place qu'à l'amour là où s'accomplit la transformation en Dieu, c'est le degré que personne ne connaît s'il ne le reçoit, celui-là seul le reçoit qui le désire, celui-là le désire qu'embrase le feu du divin Esprit. Saint Paul appelle cela la mystique sagesse révélée par le Saint- Esprit^ ». « A ce degré de l'activité spirituelle, conclut Thode, correspond cet art nouveau où s'exprime mieux que dans les autres l'éternelle harmonie : la musique. Ainsi l'on peut dire que le mystique porte en lui toutes les qualités de l'artiste. Quoi d'étonnant que sous la forme noble et belle, la doctrine de Bonaventure ait exercé une influence inspirante et stimulante sur les arts plastiques, la poésie et la musique'^? »