Thode, Saint François, II, p. iio
C'esl? aussi le sentiment cL'0zanam qui ne craint pas d'affirmer que Te génie de Giotto trouva son inspiration; dans la: Légende de saint François pour conserver en ses ravissantes fresques les^ divers épisodes de la vie du Patriarclie des Pauvres. C'est là que puisèrent les grands peintres classiques pour donner à la postérité la figure de François qu'ils ne se: lassaient pas de représenter sur la toile, et que les générations ne cessent d'aimer et d'admirer 1.
Artistie, Bonaventure se manifesta tel en toutes ses ordonnances. Son esprit cultivé dans .toutes; les branches des connaissances du temps lui permettait de parler avec une certaine compétence des conditions architectoniques des édifices religieux. Vint un moment dans l'histoire frianciscaine, où les Frères ne pou-^ vaient plus se contenter des chapelles primitives. Les foules accouraient de toutes parts pour se mettre sous la direction spirituelle de ces nouveaux maîtres ; on se pressait en masse pour entendre la parole simple de ces apôtres, parlant la langue du peuple, exposant avec brièveté et clarté les vérités chrétiennes. On ne pouvait se contenter de constructions rudimentaires, de bois, de roseaux et de chaumes. Si pour la prière on ne doit pas rechercher le luxe, pour la maison de Dieu il faut pourtant des lieux convenables et décents. De misérables réduits ne favorisent ni le recueillement ni la dévotion. Ceux qui n'étudient l'histoire qu'à travers le prisme d'une imagination surchauffée par l'enthousiasme romantique, au lieu de l'envisager en la réalité des conditions possibles, ceux-là se scandaliseront de voir les Franciscains posséder d'assez vastes chapelles» Saint François les condamnait, Bonaventure avec lui, de même tous les vrais zélateurs de la