I. De arte prœdic, c. i. P. L., ÇCX, ii
celle de Bonaventure, qui lui-même enseigne que toute prédication doit être une interprétation de la sainte Écriture. « De même, écrivait-il, que lors de la multiplication des pains le Seigneur ne créa pas, mais multiplia simplement les pains qu'on lui présenta, ainsi doit agir le prédicateur. »
Quant à la forme, tout discours de quelque importance était composé de six parties, qui en formaient la charpente, 'en constituaient l'armature, à savoir le thème et le prothème, la teneur ou développement du thème en un ou plusieurs points, l'exemple, la péroraison et les formules finales. M
Le thème était un texte latin, prononcé dès le début, résumant autant que possible la matière du sujet. Ainsi, le lundi de Pâques saint Bonaventure énonce son sujet en empruntant ce verset de l'évangile du jour : « Mane nohiscum^ Domine, quoniam àdpesperascit\ Seigneur^ ■ demeurez avec nous, parce qu'il se fait tard. »
Le prothème était l'exorde, toujours court, gracieux dans sa forme, original en son concept, de nature à attirer l'attention. « Les hommes demeurent volontiers là où ils ont des amis, là où ils sont invités, là où l'hospitalité leur est donnée, et là où régnent la paix et la sécurité. De même le Christ pour demeurer avec nous est attiré par la tendresse de la charité, par l'instance de la prière", par la richesse de l'âme, et par là confiance de la paix. » Ce sont là quatre choses dont l'exposé est si clair, si simple et si naturel que les plus simples gens en saisissent le sens; leur esprit est frappé, et facilement ils suivront l'explication.
Une autre fois que Bonaventure prêchait en France, il sut capter l'attention, en s' excusant habilement de son peu de connaissance de la langue française. Il compara