‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 70 sur 143 · I. Luc, XXIV · texte numérisé non relu

I. Luc, XXIV

en «ffet la parole de Dieu aux rayons du soleil tamisés par une verrière mal peinte : « Bien qu'un mets délicat soit plus agréable dans un plat d'argent, ajouta-t-il, il ne perd pas de sa saveur dans une écuelle de bois '. » Il condamnait par là la conduite des personnes qui, dans les sermons, se délectent plus de la beauté du style et de la belle. diction que de la substance de la vérité; celle-ci le plus souvent leur échappe, justement parce que leur esprit est distrait par le bourdonnement des sons, et le choc plus ou moins harmonieux des syllabes e«t des cadences.

Le plus ordinairement le prothème se terminait par une invocation ; on récitait le Pater et X dve Maria^ ou seul ce dernier.

La teneur du sermon était un commentaire détaillé. L'orateur employait des définitions pour mieux faire ressortir la pensée, avait recours à des raisonnements clairs et saisissables, faisait usage de divisions, et surtout corroborait son dire par l'autorité des Livres sacrés et des Pères, procédait par voie de progression, allant du positif au comparatif, et de là au superlatif. Parlant de la joie des disciples après la Résurrection du Sauveur, Bonaventure explique d'où provenait cette allégresse de leur âme, « à savoir de la vision de leur Maître : viso Domino. Leur bonheur venait de la contemplation de la divine vérité. Ils contemplèrent la divine majesté de trois manières : sur-éminemment par ses propriétés; dans la nature humaine ils virent Jésus ressuscité avec ses plaies sacrées ; en leur propre conscience ils virent leur Maître régnant dans le ciel. Par la première vision, ils s'élevaient jusqu'à la contemplation de la divine puissance créatrice de toutes choses, par la seconde jusqu'à la divine sagesse réparant tous les

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