‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 71 sur 143 · I. Lecoy de la Marche, La Chaire franc., i · texte numérisé non relu

I. Lecoy de la Marche, La Chaire franc., i

maux, par la troisième jusqu'à l'amour de la divine clémence récompensant tous les mérités^. »

Tour à tour il se servait aussi des métaphores, de l'allégorie, de la tropologie et de l'anagogie. Le judicieux usage qu'il en faisait, ajoutait de la clarté à sa pensée.

Dans un de ses sermons le jour de l'Epiphanie, il explique ce que tout chrétien doit entendre par l'étoile des Mages. « L'étoile n'a pas brillé uniquement pour les rois; c'est le monde qui est éclairé par le mystère de l'étoile; l'étoile guida, dirigea et reconduisit les rois de l'Orient. L'étoile qui invite à aller vers le Christ, c'est la Sainte Ecriture. Nous avons besoin de la lumière de la Sainte Écriture jusqu'au moment où resplendira le jour de l'éternité. L'étoile qui conduit au Christ, c'est la bienheureuse ^'ierge Marie. Marie n'est-elle pas l'étoile dont la vertu est stable et inébranlable? Marie est l'étoile supérieure; le Saint-Esprit est l'étoile intérieure ; c'est la grâce du Saint-Esprit qui fait arriver au Christ 2.

Parlant aux religieux du couvent de Paris, il leur commenta ce texte de saint Matthieu : « Jésus étant monté dans une barque, les disciples le suivirent^. »

« Par son ascension sur une barque, Jésus se donne en exemple aux âmes parfaites, nous pouvons donc dire que par la nacelle il faut entendre l'état de perfection dans l'Eglise et dans la Religion. »

« Par nacelle on entend la rigueur de la vie parfaite ; car à l'instar d'une nacelle l'âme est agitée par le tourbillon de la grâce céleste ; elle est dirigée par le gouvernail de la discipline régulière, portée sur l'océan mouvementé de ce monde. »

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