‹ Saint Bonaventure (1221-1274)Chapitre 79 sur 143 · Jj)ol. pauper., Resp. I, cap. m · texte numérisé non relu

Jj)ol. pauper., Resp. I, cap. m

sublime pauvreté... un autre ami du Sauveur Jésus... ange s'élevant de l'orient et portant le signe du Dieu vivant!... » Saint François avait renouvelé sur la terré au milieu du treizième siècle, les jours heureux du passage de Jésus à travers là Palestine. Sous l'égide du pauvre de Dieu, on vit toute une phalange de nouveaux amants de la pauvreté évangélique parcourir les plaines de rOmbrie, « vivant comme les apôtres, d'un travail opiniâtre et de privations, s'appliquant plus à se nourrir du pain des larmes que de celui qui sustente et réjouit le corps... vaquant à la prière mentale plus qu'à la prière vocale... s'éludiant à l'oraison, car ils n'^'avaient point encore de livres ecclésiastiques pour chanter les heures canoniales ; mais à la place de ces livres ils tenaient leurs regards fixés sur le bois de la croix, qu'ils étudiaient le jour et la nuit^ ».

Un état si parfait ne pouvait durer ; la fragilité.humaine ne pouvait comporter qu'une vie si héroïque se maintînt et fût le partage de la multitude. La ferveur de quelques-uns commença à se ralentir, peu à peu le relâchement s'introduisit parmi les fils de la pauvreté. Beaucoup étaient loin de posséder l'esprit séraphiqùe du saint fondateur, l'amour de la pauvreté comme frère Bernard de Quintavalle, ou l'esprit de sublime contemplation d'un frère Egide... L'enthousiasme d'un moment en avait attiré un grand nombre; de là des défaillances. Aussi bien entend-on Jacques de Vitry se plaindre dès l'an 1222 de voir des frères errants sans but et sans discipline. Déjà les supérieurs et les cardinaux ainsi que le pontife romain avaient songé à organiser cette nouvelle famille religieuse, riche en sujets aptes à rendre d'immenses services à la société et à l'Eglise de Dieu. Ce n'était pas suffisant.

i. Saint Bonaventure, Légende de sccini FrançoiSyVvologVLe. a. Légende de saint François^ chap. iv, saint Bonaventure.

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Frère Elle qui gouverna l'Ordre après la mort du saint fondateur, avait d'autres vues que lui sur la pratique de la pauvreté évangélique. Déjà du ;tenips même de François il avait Jaissé entrevoir ses idées de grandeur et de splendeur. Sans doute d'autres, tel que Frère Jean Parent, firent réaction, tel encore Fr. Haymon, <( savant, pieux, humbleet prudent, et *qui, autant que cela lui fut possible, acconiplit de ^grandes .choses dans l'Ordre 1 ». Homme remarquable par sa science et ^sa jsainteté, Jean de Parme succédant à Crescence de Jesî, adopta une méthode toute différente de celle de son prédécesseur : « Il s'appliqua à consoler les affligés, corriger les turbulents,, accueillir lés infirmes, encourager les faibles, et traiter familièrement avec les plus simples^ » ; mais imbu des idées du fameux abbé Joachim de Fiore, Jean de Parme ne se sentait pas de forcé à lutter avec l'énergie qu'exigeait la situation et les circonstances.

Quelle que fût la vertu de Jean de Parme, ce n'était pas encore l'homme voulu de Dieu pour donner à J'Ordre l'organisation qui devait assurer sa stabilité,.

Bonaventure était celui que- la Providence réservait pour cette heure éminemment critique où l'œuvre du bienheureux François subissait un choc qui imenaçait d'être fatal. Le docteur, maître es écoles de Paris, possédait la vertu, le talent, tout ce qu'exigeait la tâche ardue d'un supérieur général. L'institution <créée par François réclamait une urgente et ferme organisation. Le moment était venu de s'incliner plus que Jamais vers La réalité concrète de l'observance ;régulière, en des conditions qui sauvegarderaient l'intégrité, ou tout au moins l'existence de l'Ordre des Mineurs. Bonaven-

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