Id.^ 16., c. LXXII
du rythme? « Ne pas chercher à dominer les autres par •la puissance d'une voix plus forte ; » c'est exclusivement ce que l'on enseigne à l'École, où l'on apprend que le talent est dans la modération, et non dans les vociférations. Par l'étude s'acquiert le bon goût esthétique.
La musique ne sert pas uniquement à rehausser les solennités liturgiques, par la grâce de ses mélodies et de ses harmonies, elle a d'autres avantages. La philosophie de la musique est d'un secours puissant, notamment dans l'office de la prédication. L'art de la déclamation est du domaine musical. Sans doute les vérités évangéliques font leur chemin vers les cœurs indépendamment du talent des orateurs. Bien moduler sa voix et donner à ses paroles une onctueuse et douce sonorité est un moyen de persuasion qu'un ministre de Dieu aurait tort de négliger. Les détenteurs de la parole divine ont le devoir d'être artistes en toutes choses afin de traiter plus dignement et plus saintement les choses saintes. Jean Fidanza profitera des avantages de la musique pour prêcher avec grâce. Il en poursuivra l'étude à cause de l'utilité que l'esprit y trouve pour la parfaite intelligence des Saintes Lettres. Sans la notion du mètre et de la rythmique il est difficile de comprendre un texte sacré et d'en expliquer la raison. De nos jours que les livres sont parfaitement ponctués, et les commentaires nombreux, on conçoit peut-être moins cet avantage. « Ce n'est pas sans motif, écrivait Roger Bacon, que lé Saint-Esprit nous a communiqué la Sagesse sous l'enveloppe du mètre et du rythme. Il a voulu nous attirer aux beautés intérieures de la Sagesse divine en nous l'exprimant avec une souveraine douceur, et par les éléments de la musique nous élever à la sublimité