I. De tribus quœstiomhus
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"LlE MINISTRE GÉNÉRAL. SON ŒUVRE.- 121
afin de sauvegarder l'intégrité de la pauvreté et de ne pas priver les Frères de l'usage des choses, il convenait que quelqu'un fût déclaré propriétaire, puisque le bienfaiteur de son côté abandonne de plein gré tout droit. Il fallait qu'il en fût ainsi afin que les Frères ne soient pas sans cesse molestés, dans l'usage de ce qii? leur est concédé. »
« Si tu prétends que semblables^ à des étrangers et des pèlerins nous devons aller de maison en maison, que Dieu pardonne à celui qui rêva telle ineptie. Là Règle prescrit dia ne pas nous attacher aux maisons que nous habitons; tel l'étranger qui passe et i^'attache point son cœur à l'hôtellerie qui l'héberge, et dont il se sert comme d'un bien d'autrui. Comment le gouvernement et le bon ordre qui se maintiennent chez nous seraientils possibles si tous étaient instables et errants par le monde? »
Le cinquième chapitre prescrit de travailler avec fidélité et dévotion, lahorent fideliter et dévote. Pour trois raisons : « La fuite de l'oisiveté, l'accroissement de la ferveur, et l'acquisition de ce qui est nécessaire à la vie corporelle. Le premier fruit de l'étude est de fuir l'oisiveté, parce que le travail occupe le cœur, studium sapientiae ipsum cor occM/?«if; le travail et l'étude de la sagesse excitent et augmentent l'amour de la piété, lahor ipsius sapientiae ae excitât summae deçotîonis affectum^. »
Quelqu'un lui demandait pourquoi nous ne vivons pas exclusivement du travail de nos mains: Sa réponse est très simple. « Si nous devions compter sur le seul travail de nos mains pour notre subsistance corporelle, nous ne pourrions ni célébrer les divins mystères, ni vaquer à la prière. Lorsqu'un Frère serait invité à prêcher ou appelé pour entendre les confessions, il se
1, Exposit. in Reg.^ c. v.
verrait obligé de; répondre : le travail d'où dépend' mon morceau; de pain pour vivre n'est pas achevé, et si je ne le livre a temps a celui qui l'attend, je ne serai pas payé ; veuillez donc m'excuser l ».
A lui encore remontent les prescriptions concernant les écrits : il était défendu de publier un ouvrage quelconque en dehors de l'Ordre, qui ne fût soigneusement examiné par le Ministre général, ou le Provincial pt les définiteurs en^ chapitre provincial ,• défendu d'avancer ou approuver sciemment une opinion communément rejetée par les maîtres de l'Ordre, ou de défendre ua sentiment particulier, suspect, ou digne de blâme, contre la foi et les bonnes mœurs ; défendu aux Novices de s'adonner aux étudea pendant le Noviciat, afin de ne vaquer qu'à leur formation spirituelle et à l'office divin-.
Par rapport au siîdème chapitre, Bonaventure résout avec sagesse plusieurs questions, et répond aux objections sur la pauvreté,
« La règle, dit-il, n'ordonne pas de ne rien avoir, mais de ne rien s'approprier. Nous pouvons donc avoir Vusage de ce qui est nécessaire, et n#ni la propriété : différemment il nous serait défendu de recevoir et le vêtement et la nourriture, ce qui serait insensé. Le domaine de ce que nous recevons appartient à celui qui est le principal supérieur de l'Ordre, au pape ^. »
Mais voici la mesure et la règle. Comme les Frères doivent être des observateurs de la très haute pauvreté, il faut « qu'en toutes les choses à leur usage, il& gardent autant que possible la petite qïïantité, l'utilité et l'aspérité, compagnes naturelle» de la pauvreté ».
A ceux qui manifesÈaient de l'étonnement que nous construisions nos couvents a l'intérieur' plutôt qiu'à