I. Epist, i5, pp
En même temps que des conseils, Boniface, avonsnous dit, demandait des prières. Une active correspondance s'échangeait entre lui et les âmes saintes qui, du fond de la patrie, suivaient avec intérêt ses travaux apostoliques, et c'était toujours la même demande, et c'était toujours la même promesse : Oratio fiebat sine intermissione pro eo*. Du fond des cloîtres anglo-saxons, les religieuses qui avaient reçu les enseignements écrits du saint et qui étaient devenues ainsi ses disciples, lui écrivaient pour lui exprimer leur dévouement et pour lui promettre de toujours se souvenir de Jui devant Dieu. Et l'assurance de ce dévouement pur et profond, la pensée de ces prières virginales qui appelaient sur lui et sur son œuvre la bénédiction de Dieu, soutenaient dans son rude labeur le courageux ouvrier de TÉvangile, à rheure où il sentait la tentation s'approcher de lui sous la forme de la lassitude et du découragement. Cependant, le moment était venu où le pape avait le droit d'être renseigné sur la marche des travaux entrepris sous ses auspices. Aussi, en 722, une lettre de Boniface, portée à Rome par son fidèle Bynnan, alla-t-elle annoncer au souverain pontife les premiers résultats delà mission de Germanie. Ce fut pour le saint l'occasion de consulter le père commun des fidèles sur de nombreuses difficultés qui s'étaient offertes à lui au cours de son ministère quotidien : il