I. Ep'ut, ai, p
a. £pist, iS, 20, %2, pp. 77, 80, 81. La lettre 19, p. 79, n'est que la reproduction pure et simple de la lettre synodale que recevait tout ëvêque nouvellement élu, et dont la formule se trouve au Liber Diurnus^ VI, p. 5 (Sickel). On a donc eu tort de la considérer à diverses reprises comme un document pouvant servir à l'histoire ecclésiastique de la Germanie, et de s'étonner de certaines expressions qui n'y seraient pas à leur place, si elle avait eu le caractère qu'on lui attribuait.
courir à plus d'une mesure violente et ne pas se montrer trop scrupuleux dans Texercice de son pouvoir. L'Eglise, institution de paix et d'harmonie sociale, avait particulièrement souffert de ce règne orageux, qui avait confisqué une bonne partie des biens ecclésiastiques, distribué à des soudards les évèchés et les abbayes, créé un clergé mondain et guerrier qui introduisait jusque dans la hiérarchie sacrée la barbarie la plus effrénée. Tout cela cependant ne saurait nous empêcher de reconnaître qu'en réorganisant la monarchie franque et en la faisant triompher de ses ennemis du dehors et du dedans, Charles Martel a sauvé le christianisme et la civilisation. On peut dire de lui ce qu'un évêque du v® siècle écrivait de Clovis : TEglise catholique a triomphé partout où il a combattu.
Le duc des Francs fit bon accueil au missionnaire ; il lui donna une lettre scellée de son sceau par laquelle il déclarait le prendre sous sa protection*. C'était beaucoup, en ces temps de barbarie et de violences impunies, de mettre le bras temporel au service de la religion désarmée. Boniface n'avait certes pas besoin de la force pour convaincre et pour convertir, mais il importait — comme cela importera dans tous les temps — que la force fût au service du droit pour l'empêcher d'être opprimé par les violents et par les malveillants. Mieux que tout autre,