I. Epist, 64, p. i
Les abbesses de ses trois monastères de femmes recevaient aussi ses paternelles instructions ; il ne cessait de leur recommander, avec Taccent d'une émotion plus vive, de prier pour lui afin que Dieu le rendit digne de sa mission. « Et puis, ajoutait-il, comme les jours sont mauvais, ne soyez pas imprudentes, comprenez quelle est la volonté de Dieu. Affermissez- vous dans la foi et agissez avec force; que toute votre action s'exerce en charité, et, conformément à rÉvangile, vous posséderez vos âmes dans la patience^ »
Ces centres monastiques, disséminés à travers TAllemagne et reliés à la vigoureuse personnalité de leur fondateur, portaient au sein de la barbarie et maintenaient allumé au milieu de tous les orages le feu sacré de la foi cliétienne. Bien avant qu'une organisation hiérarchique régulière présidât à la vie religieuse de TAllemagne, les monastères y devenaient des foyers de civilisation. C'étaient les premières mailles d'un réseau de culture morale et intellectuelle qui devait progressivement envelopper tout ce pays. Si l'Allemagne est chrétienne aujourd'hui, elle le doit tout d'abord à ses moines. Au surplus, ce n'était pas seulement une foi meilleure qu'ils faisaient pénétrer dans les esprits, une loi plus pure qu'ils faisaient régner dans les cœurs; c'étaient encore tous les arts de la paix qu'ils apportaient en don de bienvenue à leur nouvelle patrie.