‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 23 sur 82 · I. Epist, 91, p · texte numérisé non relu

I. Epist, 91, p

a Quand, dit un historien protestant, on voit Boniface envoyer en cadeau à un correspondant anglais un manteau brodé, on doit se dire qu'il sera sorti des ateliers de Lioba ou de Técla et quand on lit que la place qui s'étendait devant Téglise de Fritziar était garnie d'une vigne, on ne doit pas oublier que ce sont des mains monastiques qui Font plantée'. »

Ainsi la foi romaine s'enracinait sur le vieux sol païen. Se tenant en contact permanent, d'une part avec la chaire romaine d'où lui viennent la sûreté infaillible de la doctrine et la force irrésistible de l'autorité, de l'autre avec les milieux monastiques de sa patrie d'où il tire ses collaborateurs, protégé d'ailleurs par l'ombre des princes francs qui lèvent derrière lui leur bras armé du glaive, Boniface arrive à l'apogée de sa puissance d'apostolat.

Ce qui interesse, ce qui peint l'homme en même temps que l'apôtre, c'est qu'à l'heure où on pourrait le croire visité par les tentations de l'orgueil, nous le voyons tout entier a la sollicitude de n'être rien que l'ouvrier de saint Pierre. Arbitre de la Germanie, il reste l'humble disciple de la chaire romaine, et chacune de ses difficultés, qu'elle soit d'ordre dogmatique, ou moral, ou purement disciplinaire, est portée par lui au pied du Saint-Siège. Nous possédons encore une lettre qu'il reçut du souverain pontife vers la fin de l'année 726 (22 novembre), touchant un grand

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