‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 34 sur 82 · I. Epist, 29, 3o et 3i, pp · texte numérisé non relu

I. Epist, 29, 3o et 3i, pp

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barbare : il s'agissait de savoir jusqu'à quel degré de parenté le mariage était interdit. La tendance de l'Eglise et la pratique barbare étaient ici dans une opposition des plus radicales ; celle-ci tolérant l'union h partir du second degré, celle-là ayant pour idéal que le mariage devait être interdit dans tous les cas où on avait conscience d'une parenté quelconque*.

Cet idéal, il est vrai, l'Église n'a pu le faire prévaloir, et de bonne heure elle avait reconnu la nécessité de pactiser avec les tendances irrésistibles de la nature humaine, mais l'étendue des concessions qu'elle faisait sous ce rapport avait varié selon le caractère des papes. Saint Grégoire le Grand, dans ses célèbres réponses à sain^ Augustin de Canterbury, n'avait prohibé que les alliances au second degré de parenté, et les avait autorisées à partir du troisième*. Boniface, à son tour, s'était vu amené à poser à Grégoire II la même question qu'Augustin à Grégoire I, et il avait reçu en 716 cette réponse : qu'à la vérité, il était désirable que l'interdiction du mariage subsistât partout où subsistait la parenté, mais que, tenant compte des circonstances et surtout de la barbarie des nouveaux convertis, on pouvait autoriser

I. Epist, 37, p. 89 : Quamdiu se agnoscunt affinitate propinqiios. (Lettre du pape Grégoire III à Boniface.)

a. Beda, Hist, eccl. AngL^ i, 27 (quacstio V) : Unde necesse est ut jam tertia vel quarta generatio fidelium licenter sibi juDgi debeat, nam secuoda, quam prediximus, a se omni modo débet abstiuere.

le mariage à partir de la quatrième génération ^ Mais voici qu'en 782 le pape Grégoire III formulait une interdiction bien autrement rigoureuse, en déclarant que Tempèchement du mariage existait jusqu'à la septième génération*. Il faut croire que, cette fois» Boniface s'émut de la déclaration ; il s'informa des précédents, il allégua la réponse de saint Grégoire le Grand à Augustin. A Rome, on lui répondit que l'article relatif à celte question manquait dans les manuscrits de saint Grégoire qu'on possédait dans les archives pontificales'. Boniface ne se tint pas pour satisfait de cet argument négatif; il écrivit à l'archevêque Nothelm de Canterbury, lui demanda de lui envoyer le texte de la consultation de saint Grégoire le Grand, et le supplia de bien vouloir, par un examen minutieux, se convaincre si l'article en question était authentique. Nous ne savons malheureusement pas quelle fut la suite de cet incident, non plus que de celui qui précède, mais l'un et l'autre, ce me semble, jettent une vive lumière sur le caractère du saint. Son indéfectible soumission à la chaire romaine n'a rien d'aveugle ni de servile ; c'est une obéissance raisonnable; elle n'est jamais plus complète et plus joyeuse que lorsque sa raison lui en a fourni la justification. Il sait d'ailleurs que le pape n'est et ne peut être que

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