I. EpUt, 37, p
a. Epïst, a8, p. 98.
3. Ep\st> 3o, p. 96 : Quia in scrînio Romanœ ecclesiae, ut adfirmant scrinîarii, cum ceteris exemplaiibus supradicti pontificis quœsita non inveniebatur.
L'ARCHIÉPISCOPAT. 83
le gardien de la tradition catholique ; il discute librement avec lui les questions libres, et Thumilité de son cœur n*a d'égale que la fermeté de sa dialectique.
CHAIMTRE V
LA RÉFORME DE l'eGLISE FRANQUE
La vieillesse était ^venue pour Boniface au cours d'un quart de siècle de travaux apostoliques. Il était usé par la fatigue plus encore que par Y âge. Le vide se faisait autour de lui. Il voyait disparaître, Tun après l'autre, ceux qui avaient été les témoins et les protecteurs de ses premiers efforts. Son doux et généreux maître, le pape Grégoire II, était parti depuis longtemps pour un monde meilleur. Maintenant c'était le tour du puissant Charles Martel, qui venait d'expirer en octobre 74 ^ > après s'être recommandé avec sa famille aux prières du sainte Le 29 novembre de la même année, il avait été suivi dans la tombe par le pape Grégoire III. Une autre génération se levait, et l'apôtre des Francs, qui appartenait à l'ancienne, pouvait croire qu'il avait le droit de passer à des mains plus jeunes le flambeau de la civilisation, qu'il avait porté si longtemps à travers les forêts de l'Allemagne.
!• Epist. 4oi p. 108.
Toutefois il ne pensait pas au repos. Un de ses premiers soins fut de féliciter le nouveau pape Zacharie, qu'il connaissait déjà personnellement, et de lui renouveler ses protestations de dévouement au Saint-Siège. « Je vous serai, lui écrivait-il, un serviteur fidèle et dévoué, et je ne cesserai d'incliner à l'obéissance envers l'Eglise romaine tous ceux que Dieu me donnera pour disciples dans les provinces qui me sont confiées*. » Telles étaient les dispositions dans lesquelles le trouvait la nouvelle tache qui allait peser sur les épaules du vétéran des missions chrétiennes. Il avait été le fondateur de l'Église de Germanie, il lui était réservé d'être le réformateur de l'Eglise franque, et ce rôle est tellement grand, qu'il égale le premier et semble suffire seul à remplir une carrière entière d'ouvrier évangélique.
La succession de Charles Martel venait de s'ouvrir. Bien que ce prince eût partagé son héritage entre ses fils Carloman et Pépin, il parait bien qu'un fils du second lit, Grifon, eut quelque temps de sérieuses espérances d'infirmer en partie le testament paternel avec l'aide de sa mère Swanahilde. Boniface, qui pendant toute sa vie se tint avec une sollicitude jalouse à l'écart des contentions de la politique, semble avoir considéré ce prince comme le cohéritier de ses frères, puisque nous possédons une lettre par laquelle il lui recommande ses missions de Thuringe*. Mais Grifon