‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 48 sur 82 · I. Epût, 55, p. loo · texte numérisé non relu

I. Epût, 55, p. loo

de lui laisser voir qu'on souffre de la même épreuve, et l'encourager que de la supporter vaillamment.

Et le vieillard est sensible aux paroles affectueuses de son élève chéri ; à son tour, il s'afflige avec lui des tribulations qui fondent sur ce cœur d'apôtre, mais il se dit que ses œuvres doivent être bien salutaires, puisque le démon les combat avec tant d'acharnement. Donc, pas de défaillance ! La récompense n'en sera que plus grande après le combat « au surplus, vous saurez que, bien que séparés par la terre et par la mer, nous sommes accablés tous les deux par le même fardeau; le travail de Satan est le même ici que chez vous. Soutenons-nous donc mutuellement par nos prières*.»

La correspondance avec les deux archevêques de l'île natale contient aussi des détails pleins d'intérêt, dont quelques-uns ont été relevés plus haut. Dans la lettre à Cuthbert de Canterbury, on remarquera le sentiment à la fois patriotique et religieux qui ramène les préoccupations du missionnaire vers le salut de son peuple. Les lettres à Ecbert d'York ne sont pas moins attrayantes, et le mot qui termine la seconde nous fait voir Boniface sous un jour peu connu. « J'envoie à Votre Grandeur, ne pouvant pas vous embrasser, deux tonnelets de vin que vous remettra le porteur de cette lettre, vous priant, au nom de la charité qui existe entre nous, d'avoir un jour de réjouissance

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