I. Epîst, 56, pp. i5i et i
avec vos amis^ » Voilà un trait d'amitié souriante qu'on aime à rencontrer chez Taustère abstinent dont les lèvres ne connaissent pas le jus de la vigne.
Ce sont encore de belles et douces paroles qu'il adresse à son ancien élève, Tabbé Duddon :
« Fils très cher, je désire que vous vous rappeliez la parole du sage qui dit : Gardez votre vieil ami. N'oubliez pas dans votre vieillesse l'amitié qui nous a unis au cours de nos jeunes années. Souvenez- vous de votre père, déjà décrépit et dont les membres sont dans la voie de toute chair. Bien que j'aie été pour vous un maître peu docte, j'ai tâché d'être le plus dévoué, et vous m'en êtes témoin' ».
Écoutons encore ces touchants accents adressés à Aldhere, un autre abbé qui préside aux destinées de quelque autre monastère anglo-saxon : « Du plus profond du cœur nous supplions votre charité de daigner vous souvenir de nous dans vos prières, afin que Dieu, pour l'amour de qui nous avons entrepris notre pèlerinage, protège et gouverne notre frêle nacelle sur les flots orageux de la mer de Germanie, et la fasse entrer intacte dans le port de la céleste Jérusalem. Saluez tous les membres de votre sainte congrégation; ils sont nos frères bien chers en Dieu, et nous vous prions de leur donner de notre part le baiser de l'affecûon. Nous nous recommandons à vos prières ; nous voulons, vivants ou morts, rester dans la com-