‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 63 sur 82 · Uahn, Jahrùiicher, p. 93 et suivanlcs · texte numérisé non relu

Uahn, Jahrùiicher, p. 93 et suivanlcs

D*aatres tribulations continuaient de lui venir du clergé lui-même. A chaque pas il voyait son œuvre entravée et compromise par des multitudes de clercs venus on ne savait d'où, sans doctrine, sans 'mœurs, et, si Ton peut ainsi parler, sans état civil, dont beaucoup étaient des aventuriers de bas étage, et qui ne cessaient de semer Ti vraie dans les moissons de rËglise d'Allemagne. L'ignorance et Tabjection morale de ces misérables étaient extrêmes, si Ton peut prendre à la lettre tout ce que Boniface écrivait à leur sujet au pape. Il y en avait qui offraient des sacrifices aux faux dieux, d'autres pratiquaient jusqu'à des vices contre nature ; les moins condamnables encore étaient ceux qui se bornaient à troubler la conscience des fidèles, comme ce Scot du nom de Samson, qui enseignait que le sacrement de baptême est inutile au salut ^ Boniface était obligé de soutenir une lutte perpétuelle contre ces faux prophètes; il s'en plaignait au pape qui l'encourageait et le réconfortait.

Une fois pourtant, le souverain pontife dut donner tort à son légat. Celui-ci avait considéré comme nul, et par conséquent réitéré le baptême conféré en Bavière par un prêtre tellement ignorant qu'il employait cette formule : Baptizo te in nomine patria et filia et spiritus sancti. Deux des acharnés contradicteurs du saint, Sidonius et Virgile, peclamèrent à

Page 1