I. Epist, 06, pp
l'archevêché de MAYENCE. 147
Rome, et Zacharie s'émut : « Saint frère, écrivit-il à Boniface, si le prêtre qui confère le baptême se borne à enfreindre les lois de la langue par ignorance du latin, mais n'introduit d'ailleurs ni erreur ni hérésie, nous ne saurions consentir à ce qu'on rebaptise; renoncez donc à votre pratique et tenezvous-en à la tradition des pères*. » On retrouve dans cet épisode à la fois la scrupuleuse coûscience du saint, qui tremblait devant la moindre incorrection liturgique, et la ferme raison de la chaire romaine, qui s'attachait au fond des choses et qui savait être indulgente à propos.
Le Virgile dont il vient d'être parlé est -il le même qui a causé au saint d'autres embarras encore, en essayant d'indisposer contre lui le duc Odilon de Bavière, et en soutenant, sur la dualité du genre humain, une doctrine qui alarmait l'orthodoxie vigilante de Boniface ? La question est obscure et, au surplus, d'un intépét médiocre. Ce qui attirera davantage l'attention du lecteur, ce sont les idées qui mettaient ce personnage aux prises avec le légat du pape. « Est-il vrai, écrit celui-ci à Boniface, qu'il soutienne cette doctrine perverse et impie qu'il y a sous la terre un autre monde, une autre humanité, un autre soleil et une autre lune ? Si oui, réunissez un concile, chassez-le de l'Eglise, privez-le de l'honneur du sacerdoce. Nous-même, en écrivant au duc,