Yidetur ut vitam istam temporalem et cursum dierum
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pas (le plus clières que l'avenir de son diocèse et celui de ses fidèles coopéra leurs. Pourvoir aux intérêts de celui-là en s'assurani d'un successeur digne de sa confiance, et de ceux-ci en les recommandant à la protection du prince , tel fut Tobjet de ses suprêmes préoccupations et de sa dernière démarche auprès du roi. Pendant qu'il s'adressait lui-même à Pépin, il écrivait à Fulrad, abbé de Saint-Denis, le priant d'user de son influence à la cour pour faire accueillir sa double requête. Nous avons conservé ses deux lettres. Dans la première, il demande au roi l'autorisation de se donner comme successeur son chorévêque Lull, qui sera, dit-il, pour les prêtres un chef, pour les religieux un docteur, pour les fidèles un apôtre et un prédicateur de la foi catholique. Mais la principale raison qu'il fait valoir aux yeux de Pépin pour justifier ce choix, c'est l'intérêt de cette multitude de prêtres, de religieux et de religieuses qui, à sa voix, sont accourus du fond de la Bretagne pour travailler avec lui, et qui maintenant, dispersés au milieu de l'étranger, dirigent les paroisses en qualité de prêtres ou, sous le froc mo^ nastique, instruisent les enfants. Plusieurs d'entre eux sont vieux et cassés; tous mènent une vie chétive, aux frontières des païens, ayant à peine de quoi se nourrir, et ne pouvant pas même se procurer des vêlements si on ne vient à leur secours, et si on ne
meorum per istas infirmitates cito debeam finire. Epist. 84. p. a3i.
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se cbnrge de leur entretien comme il a fait. « Si la charité du Christ, écrit-il a Pépin, vous inspire d'accéder à mon désir, veuillez me le faire savoir, pour que je puisse avec plus de joie ou vivre a votre service ou mourir *. »
Pépin fit une réponse favoraMe à la demande du saint vieillard, qui le remercia en termes émus. La joie lui rendait des forces. « Je crois, écrivit-il au prince, qu'avec la miséricorde de Dieu je pourrai de nouveau être à votre service. Dites-moi si vous voulez que j'aille à votre prochain plaid ; je me ferai un devoir de me conformer à votre volonté*. »
C'est ainsi qu'au roi comme au pape le généreux pontife offrait sans marchander les fatigues et les efforts de ses dernières années. La vigueur de la volonté restait intacte dans ce corps de septuagénaire, et il ne pensait pas au repos; il était résolu à mourir debout. A une telle existence était réservée une fin digne d'elle.