‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 71 sur 82 · On conserve encore aujourd'hui un de ces pathétiques · texte numérisé non relu

On conserve encore aujourd'hui un de ces pathétiques

LE MAUTYllE. 169

pressèrent de gaspiller. Ils se gorgèrent de vin, et comme il arrive en pareil cas, ces furieux exaltés par le goût du sang en vinrent bientôt aux prises : plus d'un d'entre eux périt victime du forfait dont il avait été rinstrumcnt\

Ainsi mourut saint Bonifacc. Autrefois, écrivant aux abbesses de ses trois couvents de femmes, il leur avait dit : « Priez le Dieu miséricordieux pour qu'il me confirme par son Esprit souverain, lui qui a voulu que je fusse appelé, quoique indigne, le pasteur de son peuple, a&n que, quand viendra le loup, je ne prenne pas la fuite comme un mercenaire, mais qu'à l'exemple du bon pasteur je défende les brel)is et leurs agneaux*. » Les prières de Lioba et de ses sœurs avaient été exaucées : le bon pasteur avait donné sa vie pour son troupeau.

Les chrétiens de Frise ne tardèrent pas à le venger. Une armée réunie à la liàte pénétra dans les cantons païens, massacra la population guerrière, pilla et rançonna le reste. Les fidèles recueillirent pieusement les restes sacrés des martyrs, ainsi que la petite bibliothèque de la mission dont les volumes furent retrouvés de ci, de là, et ils emportèrent à Utrecht

volumes à la bibliothèque de Fulcla; il est entaille dans tous les sens, et sur les fragments de sa couverture de bois, on prétend voir la trace de taches de sang. La tradition veut que ce soit le livre même que le saint portait lorsqu'il reçut le coup mortel.

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