I. Beda, Hist, Ecci, Angl. ,111, a
176 SAINT BONIFACR.
scrvile soumission de Tesclave, c'est la soumission volontaire et aimante d'un fils pieux ; c'est, comme on Ta bien dit, le noble dévouement du bon soldat qui chérit le drapeau sous lequel il sert', et qui versera pour le servir jusqu'à la dernière goutte de son sang. Mais, comme tous ceux qui aiment, ce dévot de la chaire romaine veut que l'objet de son amour soit respecté. Lorsqu'il voit le prestige de la papauté menacé ou compromis, il n'hésite pas, il parle an pape le ferme langage d'une haute conscience, et, comme Paul, il peut dire dans des conjonctures douloureuses : In faciem ei restiti*. Et ce qui est aussi beau que l'intrépide franchise du missionnaire qui articule de graves reproches, c'est la magnanimité de celui qui les reçoit : il les repousse parce qu'il les trouve injustes, mais il apprécie le courage du saint, et de la même plume qui le gourmande, il lui envoie les nouvelles marques de sa faveur.
Si l'on s'est bien rendu compte de la place prise dans la vie du saint par ce principe surnaturel dont nous avons essayé de faire apprécier l'influence, on comprendra que son action se soit élevée à un degré qui est au-dessus de la nature. Sans doute, la vigueur d'un tempérament heureusement doué, l'endurance et l'extraordinaire ténacité du génie anglosaxon ont bien servi dans sa carrière le vaillant ouvrier de l'Évangile, mais ces qualités ne l'auraient