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UO SAINT BONiFACE.
de SCS graudcs forces. Il lui suffit, nous ravons vu, d'un appel adresse à ses compatrioles anglo-saxons pour leur faire passer la mer et les amener auprès de lui, collaborateurs et disciples dévoués. Pour tous ceux qui rapprochaient, il était un pcre bienaimé, a qui il était doux d'obéir. Sur son ordre, saint Sturmi fit à trois reprises la fatigante et périlleuse exploration de la Uuclionie; quand il revenait las et découragé, un entretien avec son bon maître lui rendait le courage et la force. Les enfants s'éprenaient de lui comme les adultes : qu'on se souvienne du petit Grégoire de Pfalzel, qui, l'ayant vu une fois, ne voulut plus se séparer de lui, et lui fut toute sa vie un fils dévoué. Quelle tendre confiance et quel religieux respect il a inspirés aux pieuses femmes qui se sont nourries de ses enseignements, et qui, du fond de l'île de Bretagne, ont fait leur directeur spirituel du maître en exil ! Il manquerait quelque chose à son portrait sans ce virginal entourage de dévouements féminins, dont l'idéale noblesse achève de peindre l'àme haute et pure qui les a inspirés.
Toutefois, pour retracer dans toute sa vérité cette sainte physionomie, ce n'est pas dans les côtés humains et sympathiques de sa nature, ni dans la puissante activité de son apostolat, ni même dans le glorieux combat du martyre qu'il faut l'observer. Il n'y a là que les manifestations extérieures d'une grandeur morale dont le principe de vie est autre part. Pour eulendic la respiration de son âme, pour
pénétrer dans l'intîmité de son être et y surprendre en quelque sorte son cœur sans voiles, il faut le suivre dans sa cellule du Bischofsberg, il faut l'accompagner dans cette retraite sacrée où, dépouillant tout ce qui fait sa grandeur mortelle, il redevient le simple moine d'Exeter, méditant sur la loi de Dieu et se plongeant dans la contemplation de Téternité. C'est là, dans le tête-à-tête avec son Créateur, où s'échangent des paroles ineffables à travers le silence de l'infini, c'est là qu'apparaît enfin le vrai Boniface, que se révèle à nous le secret de sa force féconde et de ses hautes vertus. La prière et la solitude sont la vraie atmosphère de son âme, et le regard ému qu'il fixe sur la beauté de la loi de Dieu est l'acte par excellence de sa vie. Les heures bénies qu'il passe dans ces célestes effusions sont rares sans doute dans son existence d'apôtre et d'ouvrier, mais elles sont les seules heures qu'il ait vraiment vécues dans l'exil d'ici-bas, car un seul jour passé dans le sanctuaire du Seigneur {faut mieux que mille dans les palais des mortels^.