‹ Saint Boniface (680-755)Chapitre 78 sur 82 · I. -— LES VIES DE SAINT BONIFAGB · texte numérisé non relu

I. -— LES VIES DE SAINT BONIFAGB

I. — Vita sancti Bonifacii, écrite sur Tordre de Lull, disciple et successeur de saint Boniface sur le siège archiépiscopal de Mayence (f 786), par Willibald, prêtre de l'église Saint- Victor de cette ville (nullement à confondre avec l'évêque d'Eichstaedt du même nom). L'auteur ne Ta pas connu personnellement, mais il a eu sur lui d'excellents renseignements, et son écrit, bien qu'incomplet, est fort digne de foi. Il a été publié par Canisius, Antiquse Lecdonis, t. IV, Ingolstadt, i6o3 (réimpression du même recueil par J. Basnage, Anvers, i7a5); par Serarîus dans ses Epistolx sancti Bonifaciiy Mayence, i6o5, puis par Mabillon, Acta Sanctorum ordinis S. Benedictiy III, II, 1672 (réimprimé par Migne^ Pcurologia Latina, t. 89, i863]; par Godefroid Henschenius dans les Acta Sanctorum des Bollandistes, t. I de juin, 1695 ; parl'ertz dans les Monumenta Germaniœ Historica, t. II, Hanovre, 1829; par Giles, Sancti Bonifacii Opéra, II, 1844; par Ph. Jaffé dans Bibliotheca Rerum Germanicarum, t. III, Berlin, i866, et «niîn par A. Nûrnberger, Bresslau,

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1896 (tiré à part du l'Acer Bericht der (vissenschaftlichen GeselUchaft Philomathie zu Neisse), Elle a donc été imprimée dix fois. Un texte plus court, publié dans les Analecta Bollandiana, t. I {i88a), et pris d'abord par les BoUandistes pour une première recension de l'œuvre de Willibald, semble n'être, au contraire, qu'une réduction de celui-ci; aussi a-t-on abandonné dans les Ancdecta BoUaruUana^ XV, p. a68, l'opinion qu'on y avait d'abord soutenue.

L'œuvre de Willibald a été cinq fois traduite en allemand : par Schulte, Miinster, i853; par Bonnell, Berlin, 1857 ; par Kiilb dans Sàmmtliche Schriften des heUigen Bonifatius^ Ratisbonne, 1859; par Simson, Berlin, 186 3; par Arndt dans Geschichtschreiber der deutschen Kor^ zeit, t. VIII, partie 2, i863.

C'est d'après cet écrit de Willibald que fut rédigée au XI® siècle une Legenda de ordinacione S, Bonifacii publiée en 1882 par Meinardus dans le Zeitschrift des hùtorischen Fereins fur Niedersachsen^ et qui était destinée à un usage liturgique. Un autre résumé de Willibald, avec quelques ajoutés de peu de valeur, a été publié par Nûrnberger, Anecdota Bonifaciana, dans le Sechsundzwanzigster Sitzungsbericht der wissenschaftUchen Gesell" schaft Philomathie zu Neisse^ 1892.

A cette œuvre capitale il faut ajouter divers autres écrits dont aucun d'ailleurs n'en approche de loin, et qui, tous réunis, n'ajoutent que fort peu de détails authentiques à l'histoire telle qu'elle est racontée par Willibald.

a. — V Anonyme étUtreeht^ probablement prêtre de l'église Saint-Martin de cette ville, écrivit au commencement du IX® siècle, à une époque où vivait encore une femme qui avait été témoin de la mort du saint. Cet auteur toutefois, bien que si rapproché par le temps et par le lieu, contient peu de chose qui ne se trouve déjà dans Willibald. Il a été édité par Henschenius^ o. c, et en

partie par Jaffé. On ne saurait, comme l'a fait Tritheim, l'identifier avec l'évêque Radbod d'Utrecht, qui est fort postérieur (899-918).

3. — U Anonyme de Mayence , probablement chanoine de l'église Saint-Victor de cette ville, écrivit au commencement du XI® siècle (après 10 11) une Passio Sancti Bonifatii légendaire, dont certains détails pourraient avoir quelque valeur historique. Elle a été publiée par Henschenius, o. c, par Pertz, MGH., SS. II, et par Jaffé, o. c.

4. — Othlo, moine de Saint-Emraeram, à Ratisbonne, réfugié à Tabbaye de Fulda de io6'a à 1066, remania, à la prière des moines, Técrit de Willibald, dont la composition leur paraissait défectueuse. Il utilisa la correspondance du saint, ainsi que la vie de saint Sturmi par Eigil, et ne s'abstint pas de combinaisons personnelles. Son travail peut être considéré comme une amplification de celui de Willibald et comme une première mise en œuvre des sources. Publié en i562, sans nom d'auteur, par Surius, t. III, Cologne, 1^79, il le fut ensuite par Canisius, Antiquœ Lectionis^ t. IV (réédition par J. Basnage, III, i), par Serarius, Rerum Moguntinarum (réédition par Joannis, Scriptores rerum Moguntinarum^ 17, t. I), par Mabillon, III, 2 (réédition dans Migne, Patrolngia Latina, t. 89), et en partie par Jaffé, o, c.

Un résumé de l'ouvrage d'Othlo, intitulé : Passio beati Bonifatii et sociorum ejus martyr um abbreviata, a été publié par A. Niirnberger dans ses Anecdota Bonifa^ tiana, ouvrage cité plus haut.

5. — L'Anonyme de Munster (Acta Sanctorum, L c). Henschenius le croit de Munster, parce qu'il dit que la vie de saint Grégoire d'Utrecht, écrite par saint Liudger de Miinster, est apud nos. Cette raison n'est pas suffisante.

Le prétendu Ruthard, moine de Fulda, qui aurait

écrit du temps de Louis le Débonnaire une vie en vers de saint Boniface, est une invention de Tritheim.

Une étude critique de comparaison, qui essayerait de fixer la valeur respective de ces divers documents et qui rechercherait la provenance de leurs renseignements, serait certes un travail d*une grande utilité. Ce travail n'est pas fait dans le mémoire de G. Wœlbing intitulé : Die mittelalterlichen Lebensheschreihungendes Bonifatius^ lena, 1892 (dissertation), qui n'est qu'une assez médiocre esquisse.

g a. LA COHHESPOXDAXCE DE SAINT BONIFACE.

N. B. — 11 existe un recueil des OEuvres complètes de saint Boniliice, dans lequel on trouvera la correspondance et la plupart des autres écrits du saint dont il va être question; il a été publié en 1844 à Londres par Giles, Sancti Bonifacii Opéra, réimprimé par Migne, Patrologia Latina, t. 89, et traduit par Kiilb, S'àmmt^ liche Schriften des H, Bonifatius ùbersetzt, 2 vol. Ratisbonne, 1859. J'y renvoie le lecteur une fois pour toutes, et je le cite en abrégé par le nom des éditeurs.

La correspondance de saint Boniface, conservée dans trois manuscrits du x^ siècle et dans quelques autres, comprend non seulement les lettres écrites par lui, mais celles qui lui ont été adressées ; elle constitue à ce point de vue un précieux moyen d'information et elle sert à contrôler et à compléter ses biographies ; elle nous initie à ses préoccupations, à ses œuvres quotidiennes, et nous fait pénétrer dans l'intimité de ses amitiés. Cette correspondance, réunie à celle de son disciple et successeur Lull, a été publiée cinq fois.

Il — Epistolœ Sancti Bonifacii martyrisy par Nicolas Serarius, Mayence, i6o5 (réimprimé dans Nova Bihliotheca veterum Patrum, t. II, Paris, 1639, et dans la

Magna Bibliotheca Feterum J^atrurriy t. XVI, Paris, i654, ainsi que dans la Maxima Bibliotheca Patrum^ t. XIII, Lyon, 1677). Serarius ne s'est pas préoccupé de la chronologie de ces lettres.

a. — Epistolse S. Bonifacii archiepiscopi et mar" tyris^ Mayence, 1789, par Wiirdtwein. Cette édition brouille davantage encore l'ordre chronologique dressé par Serarius et ne donne pas un texte satisfaisant.

3. — Sancti Bonifacii opéra ^ t. I, Londres, 18^ j, par Giles (réimprimé par Migne, Patrologia Latina, t, 89) ; elle est inférieure aux deux précédentes et attribue aux diverses lettres des dates de fantaisie.

4. — S. Bonifacii et Lulli epistolse y dans les Monumenta Moguntina^ qui forment le tome III de la Biblio^ theca Rerum germanicarum de Ph. JafiPé, Berlin, 1866. Édition critique faite sur la base de tous les manuscrits connus et témoignant d'une grande sagacité, bien que sa chronologie des lettres, fort supérieure à celles de ses prédécesseurs, laisse encore sous certains rapports à désirer.

5. — S, Bonifacii et Lulli epistolse^ édité par Diimmler dans le volume des MGH, intitulé : Epistolse Merovingici et Karolini Âevi^ Berlin, 189a, in-4**» Revision du travail de Jafie, dont il s'écarte pour la chronologie de quelques lettres, mais qu'il confirme d'ordinaire.

La correspondance de saint Boniface a exercé la sagacité d'un grand nombre d'érudits, et comme la plupart de ses lettres ne sont pas datées, c'est leur ordre chronologique surtout qu'on a cherché à déterminer. Sans compter les divers éditeurs ci-dessus cités, plusieurs autres érudits se* sont voués à cette tâche, dans l'intervalle qui s'est écoulé entre l'édition de Jaffé et celle de Diimmler. Tout l'intérêt de cette question vient se concentrer autour de la date des conciles francs tenus sous Boniface, et tout particulièrement du premier, dont les

actes portent la date de 74^» à diverses reprises contestée. La date du premier entraînerait naturellement celle des suivants. Dès 1869, Diinzelmann ouvrait le feu par sa dissertation de Gôttîngue intitulée : Utuer-^ suchiing ûberdie ersten unter Karlmann und Pippin gehal^' tcnen Concilicn, où il s'attaquait sur divers points à l'ordre établi par JaQ'é. Celui-ci repondit dès l'année suivante : Zur Chronologie der Bonifazischen Bricfe und Synoden [Forschungen zur deutschen Geschichte^ t. X, 1870), en même temps que, de son côté, H. Hahn réfutait les thèses de Diinzelmann dans G'àttingische Gelehrte Anzeigen^ 1870,!, p. iiaS. Diinzelmann rentra en lice dès 1873 par un mémoire intitulé : Zur Anordnung derBoni^ fazischen Briefe und der frdnkischen Synoden [Forschun^ gen zur Deutschen Geschichte, t. XIIIj, où il s'attache à démontrer que les dates portées par les lettres du pape Zacharie à Boniface ne méritent aucune confiance pour le premier concile franc et propose celle de 748. Hahn répliqua à Diinzelmann dans un mémoire intitulé : Noch einmal die Briefe und Synoden des Bonifaz [même recueil, t. XV, 1875), qui fait droit à une partie des observations de ce critique, en rejette d'autres, et dont les conclusions ont été généralement adoptées. Quelques années après, Loofs reprenait l'étude de la question dans une dissertation sous ce titre : Zur Chronologie der auf die frànhischen Synoden des h, Bonifacius bezûglichen Briefe der Bonifazischen Briefsammlung, Leipzig, 1881. [En somme, la chronologie de Jaffé est sortie victorieuse de ce débat, sauf sur un certain nombre de points où il a fallu la rectifier, et Diimmler, dans Tensemble, n'a fait que s'y conformer. Depuis lors, une nouvelle tentative a été faite par B. Sepp pour remanier la chronologie des conciles francs : il admet que le concile de Soissons sous Pépin et le premier concile germanique sous Carloman se sont tenus tous deux pendant le cours de Tannée 744» celui-là le 3 mars, celui-ci le 21 avril. [Zur Chronologie des ersten der frdnkischen Synoden des

Fin^ Jahrhunderts dans V Historisches Jahrbuch^ t. XXII (1901). Je n'ai pas cru pouvoir, malgré la force de certaines raisons alléguées par Dûnzelmann et par Sepp, m' écarter de la chronologie des documents eux-mêmes et me suis rallié à la manière de voir de Hahn, qui les interprète de la manière la plus vraisemblable sans trop amender le texte.

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