I. jictes des Apôtres^ XVI
OÙ il avait reçu du pape, avec le nom de Clément, la dignité épiscopale et la mission d'évangéliser la Frise, sa vie entière fut consacrée à ce peuple. C'est près de lui que Boniface voulait se rendre; c'est sous sa direction qu'il entendait s'initier aux labeurs et aux épreuves de sa rude mission.
C'était en 716. Les moines de Nursling firent en pleurant leurs adieux au frère qui les quittait. Ils avaient d'ailleurs supporté les frais de son voyage, et l'avaient muni des ressources qui lui étaient indispensables. Winfrid emportait des garanties auxquelles il tenait davantage : leurs prières. Une communauté de prières le rattachait aussi à l'archevêque de Canterbury, Berchwald, au moment où il entreprit sa mission. Ce doux lien spirituel contracté entre des Ames qui s'engagent à se souvenir les unes des autres devant Dieu, c'est en Angleterre qu'il paraît avoir été noué tout d'abord et ce fut, pendant toute la vie de Winfrid, la forme de prédilection des relations d'amitié qu'il contractait. Il partit enfin, emmenant trois compagnons de voyage -et de labeur. Nos quatre voyageurs passèrent par Londres, qui était dès lors le grand entrepôt du commerce anglo-saxon ; ils y prirent la mer et débarquèrent à Duurstede, la métropole commerciale des Pays-Bas. Winfrid se trouvait sur le théâtre de ses futurs combats : il allait pouvoir se consacrer tout entier au salut de ses semblables^