FRERES
EXISTENCE DES FRERES, DES LE COMMENCEMENT DE L ORDRE. ■ — ÉLOGE DE CES FRERES PAR SAINT BRUNO. — TRAVAUX DES FRÈRES. — RENDUS ET PREBENDÎERS. — PRESCRIPTIONS DE LA REGLE POUR LES POSTULANTS. — FRERES DONNÉS. — ACTE DE DONATION. — COSTUME DES DONNÉS. — NOVICIAT DES CONVERS. PROFESSION DES VŒUX SIMPLES ET DES VŒUX SOLENNELS. — COSTUME DES CONVERS. — JEUNES ET ABSTINENCES DES CON- VERS. — STATUTS SUR LE SILENCE. — DÉFENSE D'ÉLEVER UN FRÈRE A l'état DE RELIGIEUX de chœur. — SOLLICITUDE DES CHARTREUX POUR LES FRÈRES.
ORSQUE saint Bruno quitta l'Ermitage de Saisse-Fontaine, pour se rendre dans les sauvages solitudes des montagnes du Dauphiné, il était accompagné de quelquesReligieux, choisis entre les disciples qui étaient venus se mettre sous sa direction. Parmi eux se trouvaient, disent les auteurs qui ont écrit sur la fondation de cet Ordre célèbre, deux Frères Convers, André et Gué-
rin. L'existence des Frères Chartreux remonte donc à la naissance de l'Ordre. Plus tard, lorsque les nouveaux Solitaires s'accrurent et que l'Ermitage de Chartreuse fut en pleine prospérité, le nombre de ces Convers augmenta et bientôt surpassa même celui des Moines ; ils s'occupaient des terres mises en culture par les premiers Chartreux et des nombreux troupeaux qui faisaient toute la richesse de la Communauté naissante.
La vie de ces Frères était si régulière et si' édifiante que saint Bruno, dans une lettre écrite aux Solitaires du Désert de Chartreuse, lors de son séjour en Calabre,fait ainsi l'éloge de ces saints Convers. « Nous nous réjouissons, leur dit-il, de ce que « malgré votre ignorance des lettres, le doigt du « Dieu tout-puissant a gravé dans vos cœurs, non « seulement l'amour mais encore la connaissance <■( de sa loi sainte. Vos œuvres indiquent que vous « aimez ce que vous connaissez. Votre obéissance « montre que vous savez cueillir le fruit si doux « et si utile de la Sainte-Écriture l . »
Rien n'a été changé dans l'institution des Convers, et aujourd'hui ces Frères s'occupent, comme autrefois, des travaux matériels de la Maison. D'après la pensée du fondateur,tout ce qui peut servir à l'entretien d'une Chartreuse doit, autant que possible, se confectionner dans le Couvent; c'est pourquoi, chacun de ces Frères a une obédience particulière. On y trouve le cuisinier, le boulanger, le cordonnier,
1 Epist. S. Brunonis ap. Bolland. Acta SS. n .680.