MONIALES
PREMIER MONASTERE DE CHARTREUSES. — SAINT ANTHELME CHAR- GE LE BIENHEUREUX JEAN D'ESPAGNE DE RÉDIGER LES STATUTS DES RELIGIEUSES. — DOM LE MASSON LEUR DONNE UNE TRA- DUCTION DES STATUTS. — ADOUCISSEMENTS APPORTÉS A LA RÈ- GLE CARTUSIENNE. — TRAVAIL MANUEL. — OFFICES. — RÈGLE- MENT DONNÉ A CE SUJET PAR DOM LE MASSON. — CLOTURE. — VICAIRE DES MONIALES. — DIGNITAIRES DU COUVENT. — RÉ- CEPTION DES POSTULANTES. — PRISE D'HABIT. — CONSÉCRATION DES MONIALES CHARTREUSES. — SCEURS CONVERSES ET SŒURS DONNÉES.
ES le premier siècle de la fondation de
l'Ordre des Chartreux, quelques vierges
chrétiennes, désireuses de se montrer les
dignes émules des disciples de saint Bruno, dans la pratique des vertus et des austérités monastiques, se réunirent et demandèrent aux nouveaux Solitaires des conseils, des règlements, des préceptes pour s'initier à la prière, à la pénitence, à la mortification. Toutefois, les historiens de l'Ordre ne sont
pas d'accord sur l'époque exacte de la fondation du premier Couvent de Moniales Chartreuses.
Le Père Délie,- dans son Histoire de l'état monastique, dit : « Nous lisons dans la vie de saint Bruno, que quand il vint habiter avec ses compagnons dans les Déserts du Dauphiné, l'odeur de leurs vertus et l'exemple de leur sainte vie attiraient non seulement des hommes, mais aussi des femmes à leur Institut ! . » Les Bollandistes ne relatent pas ce fait, dans leurs savantes recherches sur saint Bruno ; ils pensent, d'après le continuateur du Révérend Père Dom Innocent Le Masson, que le premier Monastère de Moniales Chartreuses ne peut remonter au delà de Tannée 1 145 2. Cette assertion nous paraît avoir d'autant plus de valeur que le vénérable Guigues, Prieur de la Grande Chartreuse, mort en 1 1 37, ne fait aucune mention de ces Religieuses dans le manuscrit qu'il a laissé sur les Règles et les Coutumes des Chartreux.
Sous saint Anthelme de Chignin, septième Prieur du Désert de Chartreuse, les Religieuses de Saint- André-de-Prébayon demandèrent avec instance à être incorporées dans l'Ordre des Chartreux. Ces pieuses épouses du Christ existaient depuis plus de cinq cents ans dans le diocèse de Vaison, et devaient, croit-on, leur fondation à une parente de sainte Radegonde. Leur Abbaye florissait sous la Règle de saint Césaire, quand, édifiées de la vie