La Major de Marseille et ses antlquitcs^ par M. Rostan
l'auréole de travail, d'honneur, de vertus de notre Césaire, a permis la découverte, à Cologne, d'un précieux manuscrit.
Le docteur Knust le publia dans le Bulletin de la Société de V Histoire de France^ et le chanoine Albanès, dans sa Gallia christiana novissima, l'a reproduit d'après ^laassen. Nous savons donc maintenant, par le procès-verbal, ce qui se passa dans le concile de 533.
Contumeliosus, évêque de Riez, apprécié par ses talents littéraires et promu depuis fort longtemps au siège de Fauste, tomba dans un péché grave contre les mœurs. Les faits étaient patents.
A.ussi le coupable, mandé pour s'expliquer devant le tribunal de ses collègues et en face de ses accusateurs, confessa son crime, se prosterna jusqu'à terre et dit, en sanglotant, qu'il avait péché contre Dieu et envers l'ordre pontifical. Prenant acte de cet aveu, le synode, observateur de la discipline ecclésiastique, décréta qu'on reléguerait Contumeliosus dans le monastère de Casensi pour y faire pénitence. Le malheureux consentit à cette peine et, commeil avait aliéné injustement quelques biens de son église, il en fit la restitution sur son patrimoine personnel.
Le jugement du tribunal de Marseille étant promulgué, lesévêques se dirent adieu et, del'Huveaune aux confins de l'Isère, parles routes d'Aix et d'Arles, ils regagnèrent leurs diocèses respectifs.
Dans l'opinion de Césaire la sentence conciliaire rendue à Marseille devait écarter pour toujours le condamné de son église de Riez. Mais il se trouva que son décret était incomplet. Certaines lacunes exigèrent un supplément de procédure. Contumeliosus sortit, audacieux, de son couvent et, en homme
habile, opposa à l'autorité du métropolitain l'autorité souveraine du Saint-Siège. Césaire, sachant les charges écrasantes contre le coupable, se crut en droit de continuer à le traiter sans immunité aucune et ne fit pas assez attention à ce coup de défense légale. Le Pape Agapet lui reprocha de ne pas avoir suspendu l'exécution du jugement à partir du jour où avait été faite l'évocation à un nouvel examen canonique. Finalement cette affaire, pénible pour tous, et dont le dénoûment n'est pas connu, attesta une fois encore l'énergie infatigable de l'homme de Dieu pour lutter contre la violation de la discipline et aussi sa soumission totale aux enseignements du Saint-Siège ^ .
I. Sirmundus. — Epistolœ (3) Joannis II. — Epistola Agapeti ad Cœsarium.