AUDITEURS, LE FOND DE SON ENSEIGNEMENT
Le long épiscopat de Césaire, rempli par une prédication incessante i, nous a légué une œuvre oratoire considérable. Très nombreux sont les sermons qui lui appartiennent, mais aussi combien disséminés, inconnus, faussement attribués ! M°^ Fessier, considérant l'imperfection de l'édition des œuvres césariennes, avait réuni les matériaux d'une nouvelle, dont l'honneur reviendra à dom Germain Morin. Les recherches préparatoires de cet érudit, qui tient la première place dans les travaux de patristique, paraissent dans la Revue bénédictine de Maredsous. A en juger par les études publiées-, on devine un
1, Lib. I, cap. V, 4i : « Semper in ecclesia prxdicavit. »
2. Revue bénédictine.^ t. IX, XII : Mes principes et ma mé thode pour la future e'dition de saint Césaire. Ibidem, t. XIII ; L'Homëliaire de Burchard de Wûrzburg, contribution à la critique des sermons de saint Ce'saire. Six nouveaux sermons de saint Césaire, etc., etc. — Ibidem., t. XVI : Recueil provenant de Saint-Marlial de Limoges, aujourd'iiui à la B. N. — Ibidem, t. XXIII (1906), janvier, avril, juillet : Nouvelle série d'ine'dits, tirée de manuscrits de Reims et d'Épinal, etc.
Dans t. XXII, D, A. Manser signale un sermon de saint Césaire inséré à la Concordidx Regularumàe saint Benoît d'Aniane.
grand progrès sur celles du savant prélat autrichien. Depuis de longues années la persévérante activité de dom Morin a fait surgir beaucoup d'inédit et mis en meilleur jour ce qui était connu. Il a poursuivi son enquête non seulement en France et en Italie, mais dans les provinces d'Allemagne et d'Autriche. « Mes trouvailles parfois si inattendues, écrit-il, suffisent à démontrer qu'il y aura toujours chance de trouver du Césaire inédit, tant qu'on n'aura pas examiné jusqu'au dernier des recueils homilétiques qui foisonnent dans presque toutes les bibliothèques de l'Europe.
(( Peut-être l'un ou l'autre lecteur, mal préparé à ce genre de recherches, sera-t-il tenté de se demander comment il peut se faire qu'il existe encore tant de débris jusqu'ici inaperçus du travail de Césaire, et si je ne cède pas à une sorte de manie, en prétendant discerner sa marque de tant de côtés à la fois? Hé bien, non : c'est un fait, que les homélies de l'évèque d'Arles ont dû jouir d'une vogue exceptionnelle, d'abord un peu partout, dans l'Europe centrale, du vi^ au xii® siècle, puis dans les milieux ascétiques du xiv'^ au xvi^ siècle \ »
La pratique du furetage, telle que la conseille le docte Bénédictin, récompense, en effet, même les plus humbles chercheurs. Quand on a eu la faveur de voir, de Munich à Cologne ou à Epinal, sur les bords du lac de Constance et du Rhin, ou à Einsiedeln, près de Zurich, quelques-uns de ces documents antiques, enfermés dans des volumes à reliure de bois recouverte de parchemin blanc, on éprouve une inoubliable émotion. Tant de siècles et de si