I. Appendix, 129, i3o
« Le calendrier a des noms qui devraient être remplacés par d'autres. Cessons de dire : lundi jour de la lune, mardi jour de Mars, mercredi jour de Mercure, jeudi jour de Jupiter, vendredi jour de Vénus, samedi jour de Saturne. Avec TF^glise dénombrons simplement les fériés première, seconde, etc..
« Ces noms misérables de dieux impurs, sacrilèges ou superbes inspirent trop souvent aux rustiques des pratiques superstitieuses. Les uns regardent certains jours comme néfastes pour les voyages, d'autres craignent de déplaire à ces divinités diaboliques. A tout prix, il faut se corriger de ces fautes et montrer des sentiments plus hauts pour aller au ciel. »
Un abus bien grave était celui des bals qui évoluaient autour des basiliques chrétiennes^. Ils ressemblaient aux chœurs de l'antiquité, déroulant leurs théories devant les temples païens.
Césaire qui, très observateur, se rendit compte de ces divertissements et entendit des chansons libertines, ne manque pas de faire des .réprimandes. Il se plaint de ces tavernes qui bordent la voie, encombrent la place des églises et amorcent les adorateurs accourus pour les offices.
« J'en ai vu, dit-il, se lever tout à coup, se mouvoir avec frénésie et danser d'après un rite bachique, comme un homme atteint de folie, en chantant d'infâmes chansons d'amour et de luxure-.
« Est-ce que ce sont des hommes, ceux-là? Non, ces êtres qui s'étendent dans les ruisseaux ou qu'on relève dans des cloaques, ne sont pas des hommes. Ils ne se tiennent pas debout comme les hommes.