I. Fita S. Cœsani^ lib. I, cap. i
18 SAIxNT CÉSAIRE.
public et pour les clercs ; nous le remarquerons dans ses homélies; il puisera à pleines mains dans la liturgie et l'hymnologie, pour codifier, instruire, sanctifier. Cependant les forces humaines ont une mesure : en voulant trop s'assimiler les exemples de vie abstinente et presque angélique de certains ascètes, Césaire tomba gravement malade. Son estomac délabré ne pouvait désormais supporter aucune alimentation ; par ailleurs, la fièvre le consumait. Dans le monastère, pas de médecin, pas de remède approprié à cet état K Et puis, dans les calculs du jeune fiévreux, il fallait peu s'appuyer sur les ressources de l'homme de l'art. Dieu ne suffit-il point en toutes choses? Sa puissance ne dépasse-t-elle pas la science des praticiens les plus experts ? En supposant même une amélioration prochaine, Césaire voudrait-il se soumettre à des ménagements indispensables? Estce que la convalescence ne serait pas entravée par des imprudences de ferveur et d'irrésistibles désirs de sacrifice? L'abbé Porcaire, qui connaissait le tempérament du malade, prit une décision radicale. Il ordonna, il imposa tout de suite un changement de résidence. En vue de refaire une santé précieuse pour la communauté, il l'envoya à Arles. Son bon caractère, son humeur facile et surtout son esprit d'obéissance firent accepter ce départ à Césaire sans contrariété. Il s'abandonna à la volonté de Dieu et de son supérieur, puis quitta l'île bienheureuse où son cœur de moine s'était, dans un nid si doux, abrité durant cinq ou six ans.
I. « Nullum ei rcniedium possc prœstari : iibt ctiamsl mcdicus adesset^ fervrn.'! ad spintualia pueri consuetudo nihil sibi pateretur de ahstinentiœ frenis et vigiliariim rigore laxari. « Fita^ lib. I, cap. I, 7.