‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 129 sur 153 · I. Appendix · texte numérisé non relu

I. Appendix

liste, Césaire se montre facile pour les concessions de dispense : « Dieu, qui est tout-puissant, veut la miséricorde. Après cent, après mille péchés, ne désespérez pas de Lui... Si quelqu'un me dit : Je suis Jeune, j'ai une femme, je suis soldat, fonctionnaire, comment voulez-vous que je coupe mes cheveux, que je prenne le ciliée, que je me livre à l'abstinence?... Eh! je réponds : La vraie conversion est celle du cœur. Puisque vous ne pouvez pas faire la pénitence canonique, mortifiez vos passions, jeûnez, priez, visitez les lieux saints, recevez les pèlerins, faites l'aumône^. »

Le jeune comprenait ordinairement l'abstinence de chair et de vin. Mais l'évêque prend une bonté de père pour les santés délicates. Ecoutez-le : « Le Seigneur ne nous a pas dit : Jeûnez plus que vous ne pouvez et veillez plus que vos forces ne vous le permettent. Il ne nous a pas dit : Abstenez-vous de vin et de viande. Non, ce n'est pas ce qu'il exige de nous ; mais II a daigné ordonner ce que tout le monde peut, avec sa grâce, accomplir sans grande peine-».

Est-il rien de plus délicieux que ce tempérament du saint homme pour l'usage du vin? (( Que celui qui fait pénitence ne prenne pas de vin, si sa santé le lui permet; s'il ne le peut, à cause de l'âge ou des douleurs d'estomac, qu'il entende l'Apôtre lui dire : Use d'un peu de vin, à cause de ton estomac ^ »

Est-ce que ces restrictions ne rendent pas plus aimable encore la physionomie souriante de Césaire? Et les idées qui vont suivre, sur l'aumône, ne révèlentelles pas un caractère des plus bienfaisants?

1, Appendix, 1495 'i^^î. Ibidem, 298, 3. Ibidem, 2G1.

PREDICATIONS DE CESAIRE. 203

(( L'aumône vaut mieux que le jeûne, l'aumône est le rachat du péché. Aucun pécheur ne pourra souffrir pour son iniquité si, avant de quitter ce monde, il a recouru au remède de l'aumône ou de la pénitence 1 ».

Ce devoir de l'aumône, il le réclamait pour les pauvres, qui sont les frères de Jésus-Christ. L'accroissement de leur nombre joint à l'extension du culte paroissial obligea lEglise à se préoccuper plus diligemment des ressources temporelles. Une prestation importante, la dîme, s'implanta dans les mœurs. Césaire insiste spécialement sur la nécessité et sur le mode d'acquittement de ce devoir. Son ton et son élévation, son accent, ses pensées et ses expressions en cette matière sont infiniment touchants. Qu'on en juge par quelques spécimens :

« L'aumône doit être faite derrière la porte fermée, c'est-à-dire pour le seul amour divin : non pour être loué des hommes mais pour trouver grâce devant Dieu. Celui qui fait l'aumône pour être loué, alors même qu'il se cache, agit en quelque sorte publiquement... que votre main droite ignore ce que fait la main gauche, c'est-à-dire que l'amour ignore la vanité-. »

« Ne pas donner, c'est s'emparer du bien d'autrui. Autant de pauvres mourront par la faute de notre avarice, autant d'homicides dont nous rendrons compte devant le tribunal du Christ ^.

« Tout ce qui est donné en miséricorde humaine sur la terre sera rendu en miséricorde divine au ciel.

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