Appendix, 3o
PREDICATIONS DE CESAIRE. 205
dîme est due en toute justice. Tout ce que vous avez est le bien de Dieu et vous refuseriez de lui en donner une petite part? Avares, que diriez-vous s'il se réservait pour Lui neuf sur dix et ne vous laissait que le dixième? C'est ce qu'il fait lorsqu'il envoie une sécheresse qui brûle le blé, une grêle qui détruit les \ignobles : N'êtes-vous pas alors réduits à ce dixième que vous n'avez pas voulu donner? Tout compte fait, vous n'avez rien donné, mais Dieu vous a pris. C'est chez Lui une habitude très juste, si vous lui refusez le dixième, de vous réduire au dixième... Vous amassez des trésors dans vos demeures; vous ne donnez rien à votre évêque : un soldat infidèle, une horde de pillards viendra tout vous prendre. Au contraire, sur les champs et les semences de ceux qui ont pavé la dîme tombe la rosée bienfaisante du ciel. Le soleil fera bonne mesure, les vents balanceront les épis d'or et les grappes vermeilles pour que les aires et les celliers regorgent de biens 1. »
L'^ne audace qui va jusqu'aux limites des justes revendications de la classe pauvre est celle où Tévêque demande le superQu aux riches. Ceux-ci ont déjà fourni les prestations ecclésiastiques, ils ont fait leur devoir pour les quêtes du culte; n'importe, tout ce qui leur reste après le prélèvement des choses nécessaires à la vie doit passer aux pauvres ^ Voila qui effleure les idées socialistes et Césaire v tient à bon droit. Xe voyait-on pas des milliers de malheureux tomber d'épuisement aux portes des églises et devant le vestibule de la basilique arlésienne ? Étaient-ils