Ibidem
donc bien venus ces opulents chrétiens à acheter des parures ou des ornements à leurs filles^ lorsque l'Église vendait ses calices d'or pour délivrer les captifs?
Un autre genre d'aumône qui rachète le péché, c'est le pardon des injures. « Œuvre pie par excellence, elle a plus de valeur que la dîme et le jeûne. Œuvre accessible à tous, caries plus pauvres peuvent la pratiquer. On n'a pas d'or, pas de blé, pas de vin, pas d'huile, pas de vêtements à offrir, mais on peut avoir été blessé, injurié, calomnié. Alors de son cœur, comme d'un cellier mystique, on sort l'indulgence et le pardon. Du même coup. Dieu, à son tour, nous pardonne-. »
Nous avons achevé l'ample contour des vices et des movens de sanctification. Dans ce lonof mais profitable examen, Césaire nous est apparu philosophe, médecin, apôtre surtout qui compatit aux misères, les sent vivement et, de tout son cœur, désire les guérir. On ne se lasse pas de lire ses courtes Admonitions expliquant le christianisme par le bon sens et cherchant, par tous les moyens, la clef des âmes. Il explore tous les sentiers de la vie, il en interroge tous les indices, il fouille tous les sentiments, il se penche sur les abîmes, il creuse toutes les questions, il flagelle, il reprend, il encourage, il aime, il convertit.
Sa forme, nous le répétons, est rustique, familière; son esprit a les ailes d'une colombe et non celles de l'aigle, mais le caractère de son style comme de ses sentiments est excellemment approprié à la masse des auditeurs.