‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 136 sur 153 · Dis Aliscamp lou cementeri · texte numérisé non relu

Dis Aliscamp lou cementeri

Pien de miracle e de misteri.... (Mistral, Nerlo.)

ne ressemblait pas à l'aspect d'aujourd'hui ! Cette route célèbre, quiva vers Xotre-Dame de Grâce, contient maintenant deux rangées à peine de cuves sépulcrales s'étalant entre le canal et la prairie. Lorsque nos ancêtres du moyen âge v accouraient en pèlerinage, quand TArioste le décrivit^ et Dante le visita-, il y avait encore une superposition de cinq ou six rangs de tombeaux. Le dessin de Bauméni nous montre cette nécropole avec ses monuments de toutes religions, entassés ou épars, effrayants par leur nombre et attirants par leurs souvenirs. Gervais de Tilbury reporte au berceau même du christianisme l'origine de ce champ des morts. Trophime avait voulu établir à Arles une nécropole pour les orthodoxes. La consécration achevée, le Christ apparut el, bénissant le cimetière, lui conféra la vertu de gardercontre les attaques du démon ceux qui v reposeraient ^

Confiants dans ces privilèges qui rappellent, selon Ed. Leblant, une préoccupation constante des anciens au sujet du repos de leur dépouille terrestre, les chrétiens firent de toutes parts amener leurs corps dans cet asile béni.

Au moment où les Francs et les Burgondes assiégèrent la ville d'Arles, les travaux du monastère des religieuses n'étaient pas achevés. Césaire en hâtait fiévreusement l'exécution. Il avait tellement à cœur cet établissement qu'il y travaillait de ses propres mains*. Quelle douleur pour lui, lorsque les assié-

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