Lib. I, cap. V, 44. Lib. II, cap. iv
m SAINT CESAIRE.
bord Césarie, la sœur de l'évêque. Dès qu'elle eut manifesté l'intention de se consacrer à Dieu, il la dirigea sur Marseille. Cassien avait établi dans cette ville un couvent de femmes, aussi prospère, aussi renommé aux v® et vi« siècles que celui des hommes à Saint- Victor. La régularité, les vertus, la science, tout profita à Césarie. Son noviciat terminé, elle prit le chemin d'Arles, chargée de mérites et impatiente de jouir de son paradis des Alyscamps. Le frère est heureux de recevoir la sœur et de l'introduire avec deux ou trois compagnes dans sa cellule mystérieuse. Césarie avait été disciple à Marseille, elle devient maîtresse à Arles... Là-bas elle avait appris, ici elle enseignera. Dès qu'on connut sa présence dans la maison monacale, toute clôturée de murs et fleurie d'amour céleste, de nombreux essaims d'Arlésiennes accourent aux Alyscamps. Renonçant au monde, disant adieu à leurs familles, dédaignant les joies périssables et les honneurs si courts de la terre, elles se jettent aux pieds de l'abbesse. « Césaire, Césarie, disent-elles, voilà notre père, voilà notre mère, voilà nos trésors avec Dieu. Nous repoussons de toutes nos forces les fleurs de vie trompeuses et caduques des mortels et nous voulons l'ambroisie du ciel. Au sein de ce monastère, près du cœur de Césarie, nous allumerons nos lampes divines et à leur clarté nous marcherons dans la voie qui nous fera gagner la patrie d'En-Haut. Heureuses de notre vocation, nous soupirerons après le jour de notre entrée au royaume qui nous méritera les éternels embrassements du Christ ^ . »
Il est temps de pénétrer dans le monastère et d'étu-