‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 144 sur 153 · I. Bolland.. ii Roixi, Rusticidée Fita · texte numérisé non relu

I. Bolland.. ii Roixi, Rusticidée Fita

Thuringe, tombée en proie aux vainqueurs, elle finit par échoir à Clotaire, le plus débauché des enfants de Clovis. Il la fit élever dans une villa. A dix-huit ans, apprenant que le roi prépare tout pour ses noces, elle s'échappa, dans une barque, du domaine situé sur la Somme où Clotaire la poursuivit. Mise au nombre des reines, elle se lève, la nuit, pour s'envelopper d'un cilice, elle emploie les jours à la prière, à Tétude, à des entretiens avec l'évêque. Au bout de six ans de mariage, elle peut enfin partir et se consacrer à Dieu, son mari n'osant pas briser son vœu. A Poitiers, dans le monastère de Sainte-Croix qu'elle a fondé, impossible de trouver une direction spirituelle. C'est alors qu'attirée par la réputation de la règle de saint Césaire, elle accourut avec l'abbesse Agnès auprès de l'abbesse sainte Liliole. Mêlant leurs vertus, comme elles mêlaient le même sang du Christ, ces religieuses vécurent quelque temps ensemble dans une mutuelle estime. Tout imprégnées de l'ascétisme de Césaire et emportant sa règle, Radegonde et Agnès retournèrent à Poitiers. Le monastère de Sainte-Croix fut renouvelé par le monastère de Saint-Jean. On vit la reine balayer les corridors, faire la cuisine, accomplir à son tour les ofBces les plus bas. Ardente au jeune, dévouée à ses compagnes, méditant les Saintes Lettres, elle pratiquait des vertus héroïques ; mais aussi son goût très vif pour le charme de l'esprit et les plaisirs de la société la reprenait quelquefois. Et là, elle donnait au règlement d'Arles un accroc que Césaire aurait sûrement blâmé avec sa coutumière sévérité. Sa nature aimante cultivait l'afiPection de ses sœurs du cloître et passait un peu au-dessus des murailles. Radeijonde admit Fortunat

dans sa respectueuse amitié, Fortunat, le poète au coloris délicieux, qui a chanté la règle de Césaire « douce comme un vêtement de lin ^ ». Ohî oui, les règles de Sainte-Croix étaient douces, puisqu'elles lui permettaient de recevoir, presque chaque jour, en « eulogies », des paniers de mets, de fruits et de fleurs. Sa muse frivole, que nous a dépeinte Ch. Nisard, en un piquant mémoire -, se jouait tout autant dans les petits festins auxquels les nobles nonnes prenaient part dans l'intérieur du monastère. Ces faits prouvent une grande délicatesse pour reconnaître des services réels, mais nous éloignent d'Arles et des usages pratiqués par les Césarie, lesLiliole et les Ruslicule.

Nous pourrions multiplier les rencontres d'influence arlésienne, mais, malgré tout leur intérêt, il faut revenir à Césaire. La fin de sa vie approche et sa suprême pensée reste pour ses religieuses. Le cher monastère de Saint-Jean a eu sa règle, ses privilèges et récapitulations, ses lettres et exhortations, il aura sa dernière sortie et son testament.

« Il atteignait soixante et treize ans, et ses infirmités ne laissaient plus aucun espoir de vie. Fréquemment, il s'évanouissait et demeurait sans connaissance. Nous avions beau nous imaginer que jamais sa santé ne fut robuste, l'heure de Tinéluctable terme allait sonner. L'homme de Dieu parlait de sa mort prochaine, qu'une révélation lui avait apprise, et il demandait si le jour de la déposition de saint Augustin était encore loin. Il souffrait beaucoup en ce moment, mais ne se plaignait pas. Père,

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