I. Lib. I, cap, II, i
Le voisinage de l'église amenait à tous moments des prêtres, et des ouvertures ingénieusement pratiquées dans les murs permettaient de suivre les offices, tout en étant couché l. Césaire avait une sollicitude si tendre pour les malades qu'il disait aux gardiens de son hôpital : a x\llez, vovez, demandez si quelques pauvres, trop timides, n'osent venir. Faites-les entrer et remplissez ]a demeure. Ce sont les membres du Christ )).
Le soin des prisonniers revenait à l'Eglise et l'archidiacre les visitait chaque dimanche. Césaire leur faisait distribuer des vivres avec tant de générosité qu'il ne restait rien pour ses familiers. Plus un grain de froment dans les greniers! Il y avait de quoi murmurer pour les clercs et les serviteurs épiscopaux. Mais Dieu, qui avait envoyé une pauvre veuve à Elie, écouta les prières du saint et lui fit parvenir dès le lendemain trois navires de provisions-.
L'Eglise d'Arles était donc une maison ouverte à tous, captifs, pauvres, orphelins, veuves, vierges, malades, voyageurs, et le rôle de l'évêque était assurément celui d'un père qui se donne à ses enfants.
Mais, pour les atteindre tous, Césaire sentait bien qu'il fallait se déplacer, aller à eux, les voir, inspecter les paroisses, se mettre en contact avec les prêtres ruraux. Et il partait au moins une fois l'an pour la visite de son immense diocèse ^.
Dans le dépiècement du territoire enlevé à Mar-
1. Lib. I, cap, II, t5 : « Tnfirmis vero imprimis consuluit, subvenitque eiset spatiosissiman deputavit domum^ etc. »