I. Saint Césaire d'Arles, par A. Malnory
venir. Une autre jurisprudence permettra bientôt œ qu'on ne pouvait plus empêcher par suite de gouvernements persécuteurs ou d'une population jalouse et susceptible.
Dans les statuts on traite les assemblées des ariens de réunions du diable et on se gêne peu pour mépriser l'hérésie couronnée. Le tableau des laïcs puissants, des fonctionnaires qui briguent les évêchés et, les ayant obtenus, écrasent les clercs, les prêtres, les vieillards de leur fatuité opulente, ordonnent qui bon leur semble sans souci des règles, cherchent à monter sur les sièges les plus riches, voilà qui est l'expression même de la pensée de Césaire.
Et ce goût si personnel qu'il a pour la lecture et la prédication se trouve tellement spécifié dans les statuts qu'on y reconnaît l'équivalent d'une signature. Il n'est pas douteux, au surplus, que Césaire ait rédigé de pareils articles : « Si quelqu'un sort de l'Eglise au moment de la prédication, qu'il soit excommunié. Que l'évêque ne possède que des meubles de vil prix et qu'il cherche à briller uniquement par la vertu. Que les pauvres et les vieillards soient honorés plus que les autres ». Tout cela nous le rencontrons presque mot h mot dans les œuvres authentiques de notre saint.
Si nous comparons le style, il est frappant de ressemblance dans les statuts et les sermons. Un grand nombre d'expressions sont les mêmes, quand le texte n'est pas répété identiquement; partout c'est l'inélégance, la rusticité, le mépris de la littérature.
Césaire a dû collectioi)ner ces articles au début de son épiscopat, avant le concile d'Agde, car en 5oG
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certains usages sont un peu remaniés ^ Quoi qu'il en soit, les 102 règlements ecclésiastiques des Statuta regardent principalement les évêques. C'est l'apostolat du métropolitain et du vicaire de la Gaule, peut-être le plus fécond de tous.
En première ligne vient la croyance dogmatique sur laquelle l'évêque élu doit être interrogé, ensuite l'exposé de ses devoirs, enfin un rituel des ordinations encore en vigueur dans celui de nos jours.
Il est intéressant de comparer les interrogations posées aux candidats au baptême avec celles sur la foi concernant les évêques. Ces dernières sont de même teneur, mais plus nombreuses, plus détaillées. On notera surtout dans cette série de croyances la mention de la sainte Vierge Marie, la précision du dogme de l'Incarnation, des deux natures dans le Christ2.
Il est édifiant de voir l'eflfort de Césaire pour établir l'équité dans les gouvernements diocésains. Sa volonté est que l'évêque consulte son presbyterium dans les décisions importantes et évite tout acte d'absolutisme, d'arbitraire.
C'est d'après l'interprétation la plus rigoureuse de ces règles qu'il oblige les évêques avenir aux conciles ou, en cas d'empêchement très grave, à se faire représenter par un de leurs clercs.
Il est touchant de lire les attentions et les marques de respect prodiguées au sacerdoce, aussi bien aux vétérans du clergé qu'aux nouveaux ordonnés. A l'église, l'évêque aura un siège un peu plus élevé,