Lib. I, cap. II, i
2. 9. Et perfidos aperla mirahilium luce confundi^ in adventu servi sui Dominus terram arenteni longissima siccitate, largis-
son soleil d'Orient, ne demande qu'un peu d'eau pour être fécondée et produire les fruits les plus exquis. Cette bonne ondée dispensa les bénédictions temporelles sur les champs et symbolisa les grâces spirituelles de Tâme.
Un acte de justice restait à accomplir après ces fêtes. Alaric ordonna d'appliquer au calomniateur la peine de la lapidation, comme c'était la règle pour un pareil crime. Le peuple se chargeait déjà de cette œuvre, lorsque Césaire en fut informé. Il courut au lieu du supplice, arracha le malheureux Licinien à ses bourreauXj le prit sous sa protection, apaisa la populace, intercéda auprès de tous et fit tant enfin qu'il put soustraire le coupable au châtiment mérité. C'est là l'histoire éternelle des grands cœurs. La magnanimité en eux dépasse toujours l'offense qu'ils ont reçue. Césaire guérit cette âme de traître et remporta ainsi deux victoires sur son adversaire ; celle d'une admirable résignation dans la peine et celle d'une vengeance plus admirable encore, le pardon du péché ^ .
Alaric et Clovis étaient trop ambitieux, trop voisins pour ne point se faire la guerre. Aux plaintes réciproques, aux griefs mutuels succèdent les perfidies et les combats mortels. Rien ne put arrêter l'ardeur des rivaux, pas même l'arbitrage du roi des Goths. Clovis rassembla ses Francs et leur dit : « Je vois avec peine que les ariens possèdent une partie des Gaules. En avant donc ! Soumettons tout le pays à nos lois ». Alaric harangua ainsi ses soldats : « Vos pères ont vaincu les Romains, ce ne sera
simo imbre perfudit ut friictum fecunditas sçqueretur » . Lib. I, cap. Il, i8.