P'ita s. Cœsarii episcopi, lib, I, cap. i
2. Fita S. Cœsarii episcopjj auctoribiis Cjpriano, Finnino et Fiventio episcopis.
Du texte de Cyprieii on est en droit de déduire que le jeune Césaire ne suivit pas les cours d'une <,^rande Université. Peut-être alla-t-il quelque temps au collège municipal de Chalon, ou bien sa famille lui procura-t-elle un maître privé, ainsi qu'on le pratiquait dans certains cas ^ Quoi qu'il en soit, la culture du jeune homme ne fut pas aussi profonde ni aussi générale que celle de plusieurs de ses contemporains. Son esprit, formé surtout par la contemplation de la nature, se plut médiocrement aux leçons de rhétorique.
A cette époque de transition, d'ailleurs, des pères et des mères très chrétiens, comme ceux de Césaire, cherchaient à préserver leurs enfants d'une éducation classique presque entièrement vouée aux choses de l'antiquité. Et, quand ils n'avaient pas à portée une école cléricale où la culture romaine se mélangeait aux idées sévères de l'Eglise, leur choix était fait : ils préféraient souvent le manque d'instruction. Chalon venait de voir, en 47'^» jusqu'à quel point erraient sans la piété les plus beaux talents. D'après Sidoine Apollinaire, trois factions, avec chacune son candidat, ayant divisé la ville pour l'élection de l'évêque, il avait fallu que saint Patiens de Lyon s'y rendît en personne pour ordonner le plus digne-.
Dans son épître à l'abbessc Oratorio, qui était une parente ou une amie de sa famille, Césaire avoue, vraisemblablement avec exagération, « qu'il était un jeune homme de peu d'espérance, marchant
1. Cœsariiis ion Jrelate, von Cari Franklin Arnold, pp. 19 et suiv.