‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 6 sur 153 · Sid, Ap., lib. IV, cp. aS · texte numérisé non relu

Sid, Ap., lib. IV, cp. aS

dans le chemin des plaisirs, recherchant le bonheur mondain )).

A dix-huit ans, il prit une détermination généreuse et, renonçant au monde, il alla se jeter aux pieds de son évêque, Silvestre. Il le supplia avec instance de l'arracher à l'affection familiale, aux biens de son patrimoine, aux coutumes du siècle i.

Silvestre remercia Dieu de cette vocation et admit aussitôt Césaire à l'honneur de la cléricature. Avec ses cheveux courts et sa robe longue^, le nouveau lévite vivait heureux sous l'œil des siens et l'exemple d'un saint. Troisième évêque de Chalon, Silvestre a laissé dans son église une mémoire bénie. Penser à la vie éternelle, lire la Bible dans l'école cathédrale était l'application de son clergé ; pratiquer la vertu, se sanctifier demeurait son exercice personnel. Grégoire de Tours raconte que l'on vénérait de son temps, dans la sacristie de Chalon, le lit de cordes dures sur lequel ce pontife avait l'habitude de dormir, et il affirme que sa mère avait obtenu la guérison d'une jeune fille par le simple attouchement d'une parcelle de ces cordes 3.

Césaire éprouvait donc un bonheur extrême dans sa situation nouvelle. 11 regardait ses maîtres, il voyait ses pieux parents, il servait en paix son Dieu : c'était l'idéal, semble-t-il, qu'il avait rêvé.

Mais non, à cette âme assoiffée de sacrifices il fallait une donation plus complète, une séparation

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