Lib. I, cap. III
pendaient de riches voiles d'argent, sur l'autel était un ciborium d'or et le vase en forme de colombe pour les hosties, aux pilastres demeuraient accrochées des tentures précieuses, un luminaire abondant éclairait la décoration des neis : rien de cela ne fut réservé. Certaines personnes blâmaient l'évêque de tant de zèle, lui reprochaient sa « charité exagérée » et l'accusaient de déformer l'église pour servir des captifs. « Peut-on faire quelque chose de trop, leur répondait-il^, pour des âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ? Dieu ne m'en voudra pas de donner le métal de ses autels, car il a lui-même donné le prix de son sang. Je voudrais bien savoir, d'ailleurs, ce que diraient ceux qui me critiquent, s'ils étaient à la place de ceux que je délivre. Oseraient-ils appeler sacrilèges les auteurs de leur rachat? »
N'ayant plus de vases d'or pour le Saint Sacrifice de la messe, il employait le verre et d'autres ustensiles de matière commune. Il s'en excusait, en rappelant que le Christ s'était immolé sur le bois de la croix et qu'à la Cène il avait institué l'Eucharistie dans la pauvreté. C'est ainsi qu'il vengeait la charité par la vérité.
Messien rapporte que, non content de vendre les trésors de l'église pour délivrer de la servitude les pauvres captifs, Césaire donnait toutes les provisions de son cellier pour en garnir leurs tables. A ce propos, il cite un acte de charité royale qui lui vint de la part de Gondebaud et de Sigismond-. L'envoi mystérieux de bateaux de blé prouve-t-il une certaine intelligence entre l'évêque et les ennemis des Goths?