I. Lib. I. cap. m
Quand il sortait, tous ces malheureux l'entouraient et l'assaillaient dans les rues, et la misère sous toutes les formes était son escorte habituelle.
Théodoric admirait toujours davantage le bienheureux, et ne cessait de répéter des louanges à son adresse. Les courtisans, les sénateurs, les généraux s'unirent à leur empereur et tous, à l'envi, souscrivirent aux bonnes œuvres du saint homme. Ce fut vraiment un miracle de Dieu que ce changement général d'idées, que les cris d'enthousiasme, que les sentiments de vénération pour Césaire. Lui qui, la veille, était regardé comme un malfaiteur, se trouvait maintenant traité comme un apôtre et comblé d'honneurs^.
Ce contraste est saisissant dans la lettre qu'Ennodius écrivait à Césaire : (c Je ne m'étonne pas que les puissances de la terre se soient inclinées devant le plus noble Pontife 1 Quand la pourpre des princes s'est-elle cru permis d'infliger l'affront au ciHce? La sainteté désarme les méchants. Etait-il au palais un sommet si altier qui ne dût l'abaisser devant toi, un front capable de se raidir contre toi ? Tu es plus doux que la brebis, et tu te montres agressif seulement contre le péché- ».
Les ovations de Ravenne dédommagèrent le saint des humiliations passées, mais ce qui lui alla au cœur, ce furent les aumônes extraordinaires destinées aux captifs. Ceux-ci encombraient la place de la capitale, et ne demandaient qu'à regagner leur pays. Il y en avait beaucoup de Provence, d'Arles et d'Orange, emmenés comme un troupeau par le