‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 56 sur 153 · I. Lib. I, cap. III · texte numérisé non relu

I. Lib. I, cap. III

car il songeait aux intérêts de sa métropole, se dirigea vers la capitale du monde catholique. Ce voyage devint pour son mérite l'occasion d'un triomphe sans égal. Les sénateurs, les plus nobles matrones, Symmaque le congratulent avec affection et l'entourent des marques d'une sympathie exceptionnellement significative. Tous rendent grâces à Dieu et au roi de ce qu'ils peuvent contempler celui que leur cœur aimait tant. On devine à l'expression de Gyprien, on sent à son style qu'il décrit avec complaisance cette phase de la vie de son maître. Il en relève tout le côté glorieux et ne cesse de chercher, de trouver les termes les plus agréables pour manifester sa joie au sujet d'une pareille vénération. Le Pape rapproche Gésaire de lui, en lui accordant l'insigne spécial réservé à sa fonction, par l'usage du pallium. Il honore son église métropolitaine, il permet aux diacres de porter la dalmatique comme à l'église de Rome, enfin il pare l'évêque de toutes les dignités, de tous les privilèges souhaitables ^.

A cela, l'aristocratie politique et financière de la Ville éternelle ajoute un riche fonds d'aumônes. Son compagnon de voyage fixe un total de 8.000 sous, somme énorme pour le temps -.

Quand il rentre dans sa ville d'Arles, on lui réserve une réception royale. Rien ne manque à son triomphe. Ce qu'il remarque le plus, ce n'est pas le luxe des fonctionnaires ni l'empressement de la garnison, mais le cortège des humbles et des pauvres. Il sait qu'il va les réjouir avec les sous d'or rapportés de Ravenne et de Rome; les captifs présument aussi

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