‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 57 sur 153 · I. Lib. I, cap. IV, 3o · texte numérisé non relu

I. Lib. I, cap. IV, 3o

a. Ibidem, 3i.

qu'il va les racheter. C'est pourquoi des psalmodies sans fin, d'immenses clameurs, des ^d^ats enthousiastes se font entendre dans les rues et sur les places publiques.

Césaire va s'agenouiller dans la basilique et les fidèles le suivent pour recevoir sa bénédiction. C'était le soir, continue le texte ancien, une femme prise de convulsions épileptiques tombe sur le pavé, où elle s'agite avec frénésie. On la relève et on l'apporte devant l'autel. Le saint se met en prière, selon son habitude, pose les mains sur la tête de la malade, fait des onctions sur tous les sens et le ^isage avec l'huile sainte. La guérison instantanée se produit : elle fut définitive^.

Il va sans dire que la première sollicitude épiscopale, après ce retour en Arles, fut consacrée aux captifs. Il y en avait encore dans la ville, et tant qu'il en vit, Césaire fut ému et donna à pleines mains. Il est impossible de relater tout ce que sa géniale charité a inventé à cet égard 2. Un jour qu'il n'avait plus un denier à distribuer, un miséreux l'interpella et le supplia de le secourir. « Que pourrais-je bien faire pour toi? lui dit-il. Je n'ai plus ni or ni argent, mais ce que j'ai, je vais te le donner, attends-moi. » Et il entra dans sa chambre, prit la chasuble qu'il mettait aux jours des solennités et des processions, l'aube des fêtes de Pâques, et les porta tout joyeux à son pauvre, en disant : Tiens, vends cela à quelque clerc, et de ce prix opère ta rédemption. )>

L'Église avait donné à l'esclave une âme et Césaire se souvenait de ces paroles : « L'esclave vaut peut-

1. « Nequaquam deinceps repetiit mulierem depulsa in nomiiie Christi calamitas. » Lib. I, cap. iv, 3i.

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