‹ Saint Césaire (470-543)Chapitre 61 sur 153 · Malnory, Saint Césaire, p · texte numérisé non relu

Malnory, Saint Césaire, p

3. Mémoires de la Société archéologique de Montpellier, 1854. Eug. Thomas. — Le Concile d'Agde^ à propos duXIF^ centenaire, par l'abbé M. Granier.

Le monastère de Saint-André passa à Tabbaye de Saint- Victor de Marseille, et quantité de chartes du haut moN'en

Tout cela fit joie à Césaire et le confirma dans sa décision.

Vers le grand ciel bleu, au pied de la montagne volcanique de Saint-Loup, en avant des vignobles bordés d'azalées sauvages, se dirigent les courriers épiscopaux. Certes, plusieurs ont quitté des sites splendides, des plateaux opulents, mais iVgde, enveloppée dans sa couleur de lave, resplendit d'une beauté toute spéciale. Dans le nord, cette teinte basaltée serait mortellement triste, tandis que dans la pleine lumière, où pas un caillou ne perd ses droits, les bouches de l'Hérault ont des nuances d'un charme infini. Les moindres plans de ce lieu ont une valeur et ces grandes étendues ensablées cachent de douces émotions.

L'Eglise et l'Empire s'étaient rendu compte de l'utilité des conciles pour y résoudre des questions sociales, disciplinaires et dogmatiques. Après l'invasion des Barbares, les provinces de la Gaule furent quelque temps dans le désarroi. Mais bientôt Visigoths, Burgondes, Francs s'occupèrent de codifier la législation gallo-romaine au point de vue temporel. Gondebaud donna des gages à ses sujets par la publication de leur droit et Alaric fit élaborer le Bréviaire à'Ânianus. Ce code des lois visigolhes est empreint d'un profond esprit de conciliation. Les collaborateurs de cette œuvre s'inspirèrent du besoin des églises et soumirent leur texte à l'approbation

âge nous renseignent sur sa destinée. Cari. S.-V. n°' 64 1, 808, 843, 844, 848, II 18, ii3i. Calixte III donna Saint- André au StudUun de Saint-Benoît et de Saint Germain de Montpellier, dont nous avons parlé en notre vie d'Urbain V. Plus tard, le Chapitre de Montpellier en hérita. Enfin, il fut transformé en séminaire. Son église, devenue quelque temps paroissiale, est aujourd'hui une dépendance de Saint-Etienne.

aussi bien de l'ordre sénatorial que de Tépiscopat.

Le Bréviaire à'Anianus ou d'Alaric parut dans l'hiver de 5o5-5o6 et ses prescriptions bienfaisantes préparèrent admirablement le concile d'Agde. On sentait, on voyait dans l'atmosphère politique une détente et un changement qui invitait à un travail de rénovation.

Les rois de la Gaule s'étant arrogé la prérogative de convoquer ou d'autoriser la réunion des assemblées épiscopales, Césaire, saisissant les bonnes dispositions personnelles d'Alaric, demanda et obtint la permission de tenir un concile national.

A Rome, on se réjouit de cet événement, car les Papes ont toujours désiré « ces assises présidées par Jésus-Christ où on corrige les abus, en inspirant le respect aux saints et la crainte aux méchants ^ ».

Le concile d'Agde a un caractère universel, il valide, en quelque sorte, certains décrets africains, sert de transition entre l'église gallo-romaine et la gallo-franque, et ouvre la période mérovingienne. Pour ces raisons, comme pour les rapports avec les précédents conciles de la Gaule et l'importance de ses délibérations, son étude est profitable au premier chef. L'histoire de nos institutions ecclésiastiques, la géographie du rovaume visigoth, les relations d'Alaric avec l'épicopat, la science du droit canon, tout se trouve éclairé par les statuts qui vont faire l'objet de notre examen.

Mais, auparavant, il est à propos de connaître le

I. Le Pape Hilaire à Léonce d'Arles. Ce Pape confia à son vicaire d'Arles le soin d'appeler ses collègues tous les ans en concile, à Tépoque et au lieu qui lui conviendront. Gallia christiana novissima (p. 4o- Arles), par le chanoiDe Ulysse •Chevalier.

nom de ceux qui se rendirent à la convocation de Césaire. Trente-quatre évêques ont répondu de tous les points du royaume : vingt-quatre sont venus en personne et dix ont envoyé leurs délégués. Les six provinces ecclésiastiques comprises dans les Etats d'Alaric se trouvent représentées, leurs métropolitains en tête. Quatre de ces derniers sont présents personnellement. Ce sont, outre Césaire qui préside, Cyprien de Bordeaux, Tétrade de Bourges, Clair d'Eauze (Novempopulanie). Le premier, qui avait vu et apprécié Césaire dans son tout récent exil, signe après lui dans les actes. Il a dû collaborer très activement avec son chef hiérarchique et donne largement la mesure de son influence et de ses capacités. Chianope de Périgueux se rencontre parmi les dignitaires, mais son siège et celui de Bordeaux sont les seuls de l'Aquitaine II qui soient représentés. Il manque Agen, Saintes, Angoulême, Poitiers. C'est beaucoup d'abstentions pour une province, dironsnous avec M. Malnory i. On n'ose parler de négligence ou de vacance presque générale. La politique doit avoir une large part dans ce fait. En ce qui touche Poitiers, nul n'ignore qu'on n'y était pas loin des frontières du royaume franc et que Clovis favorisait les évêques pour les gagner à sa cause. Quoi d'étonnant que l'ombrageux Alaric ait exilé le pasteur, même sur un simple soupçon, comme il le faisait souvent? Opprimer, bannir pour mettre hors d'état de nuire, n'était-ce pas humain? Ne perdons pas de vue aussi que Poitiers va devenir, quelques mois après, le célèbre champ de bataille entre les deux rivaux ^. Grégoire, l'historien des Francs,

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