Ibid., Aquilan. I, n" VIII
présentées. Trois évêques suivirent leur métropolitain, savoir Quintianus de Rodez, Gabind'Albi, Hoèce de Cahors. Clermont délégua le prêtre Paulin et Mende le diacre Optime. Il est certain qu'en cette province on tenait à Alaric. M. Malnorv, toujours si bien documenté, affirme que toute hypothèse sur ces abstentions épiscopales devra tenir compte de la sympathie populaire pour le régime visigothique '.
Rurice de Limoges se dispensa de l'assistance au concile. Son âge l'excusait. Néanmoins un échange de lettres assez piquantes se fit à ce propos entre le vénérable évêque Sédat de Nimes, son ami, et Césaire ^. On y voit d'une part un esprit très pétillant et, d'autre part, une respectueuse affection. Le vicaire pontifical d'Arles conservait de sa rencontre à Bordeaux le meilleur souvenir.
La métropole de Tours apporta aux Pères d'Agde une grande consolation. Son titulaire, Vérus, étant en disgrâce, ne put assister au concile, mais il envoya le diacre Léon. Lui-même se rapprocha le plus possible du voisinage, suivit par correspondance les phases des séances et, après le concile, eut une entrevue avec Césaire. Tours, fière d'avoir possédé des hommes d'une vertu éminente, exerçait un prestige incomparable sur les bords de la Loire. L'ame du grand saint Martin planait sur les pays du centre et suscitait un courant d'institutions disciplinaires d'une rare fécondité. Ce qui arriva de Tours lut assurément reçu et examiné avec la plus vive attention. On mélangea certains canons de la Loire à ceux du Rhône pour le plus grand progrès de la vie catholique.
I. M, Malnorv, Ce'saire d'Arles^ ch. iv, p. 69. ■X. Patr., t. LViII.
Mais la discipline arlésienne fut, sans conteste, supérieure à toutes les autres. Son inspiration venait moins d'elle-même que d'au delà des monts. En contact continuel avec l'Italie, dont elle était comme le prolongement, elle se tint à la hauteur des idées de Rome. Quelle église de la Gaule pouvait donc se dire comme celle d'Arles la fille privilégiée du Souverain Pontife? Elle seule n'était pas isolée ni bloquée par les Barbares. Par voie de terre ou de mer, la fille pouvait toujours communiquer avec la mère. Aussi sa législation canonique accuse un cachet tout romain.
Il reste à parler des signatures de la pro\'ince d'Arles. On pourrait croire qu'ici les souscriptions vont être générales. Il n'en est rien. La représentation est, au contraire, la plus faible. Après Césaire et le délégué de Julien, évêque d'Avignon, nous trouvons Digne, Antibes et Senez. Victorin, évêque de Fréjus, a délégué le prêtre Jean. Huit sièges manquent, savoir : Aix, Marseille, Toulon, Riez, Vence, Glandevès, Nice et Cimiez.
Tant d'abstentions ne semblent pas pouvoir être légitimement excusées. Elles sont plutôt le fait d'un parti pris, que des vacances de sièges ou de maladies . Il arrive souvent que, aux nobles âmes, travaillées des plus purs désirs du bien, la basse jalousie crée des méfiances et fait naître des oppositions. Aix, nous le savons, montrait un mauvais vouloir svstématique ^ et Marseille gardait une vieille rancune -. Quant aux autres, ont-ils suivi le mouvement par
1. Plainte adressée par Césaire à Symmaque. Patrol. lat,. t. LXII. — Sirmundus. p. 187.