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Duchesne, Fastes episcopaux, t. I

108 SAIXT CESAIRE.

entraînement ou bien étaient-ils froissés du déploiement d'énergie de leur jeune métropolitain?

Quoi qu'il en soit, Césaire ne se laissa pas déconcerter. Il formula contre les abstentionnistes volontaires le canon 35, ainsi conçu : « Les évêques ne répondant pas aux lettres de convocation seront suspendus de la communion de leurs collègues jusqu'au prochain synode, à moins qu'ils n'aient été empêchés par leur santé ou par ordre royal ».

Maintenant que nous connaissons la cité, le personnel, les représentants ecclésiastiques du royaume visigoth qui répondirent à l'appel de Césaire, pénétrons dans le concile. Il se tint dans la basilique de Saint-André, où l'évêque Sophronius avait tout mis en ordre pour la cérémonie.

Le président ouvre la session en souhaitant la bienvenue aux honorables Pères, et adresse l'expression de sa gratitude au prince qui leur rendait la liberté. Tous tombèrent à genoux en priant Dieu pour le roi et le bonheur de ses Etals. Dans le préambule des actes, Césaire qualifie Alaric de roi très pieux; il se sert même de termes qui dénotent les relations les plus pacifiques entre l'Eglise et le pouvoir civil. On ne pouvait mieux déclarer l'entente cordiale que ne l'a fait Césaire. Sûrement on ne penserait pas qu'il parle à des ariens, tant la conciliation paraît sincère.

Un point capital du concile sera de se compénétrer des « statuts antiques » en conformant sur eux la discipline contemporaine. Là-dessus le président a un rôle de toute importance à remplir, mais il y est bien préparé. Son caractère, ses études, sa conviction, tout transpire dans l'œuvre que nous allons fouiller. Il avait déjà réuni en faisceau les

textes de l'ancienne discipline de TEglise : Statuta Ecclesiœ antiqua ^ . Aujourd'hui il apporte encore à ses collaborateurs les décrétales, les canons, les coutumes des évêques de Rome. De ces deux sources de documents, qui sont familiers à l'esprit de Césaire et que les Pères lisent avec soin, on élabore un monument extrêmement précieux pour la théologie et le droit canonique -.

Mais abordons sans plus tarder le programme. A chaque page nous remarquerons l'âme et l'inspiration, la touche et l'expression, la formule, l'organisation et la signature de Césaire. C'est dire que le concile d'Agde est son concile, comme le dit si justement M. Malnory ^. Donc avant toutes choses le concile veut traiter : i° de la discipline du clergé et des conditions d'ordination; 2° du temporel des Églises^.

Le premier canon regarde la continence des clercs, et là-dessus roule une bonne partie des délibérations conciliaires. Cette question de la profession du célibat requis pour les évêques, les prêtres, les diacres n'était pas nouvelle dans l'Eglise, et les Papes l'avaient résolue depuis longtemps. En grand honneur d'abord, elle devint plus tard une obligation. A l'assemblée d'Agde appartient l'initiative d'assurer l'accomplissement général d'un précepte.

1. Cf. chapitre iv. En comparant les canons d'Agde et les Statuta Ecclesiœ antiqua^ on trouve que les seconds sont la réalisation des premiers.

'2. « Jmprimis placuit ut canones et statuta Patrum pcr ordinemlegerentur. « Conc. Ag., c. i,

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