Saint Césaire (f Arles, p
4. « De disciplina et ordinationibus clcricoruin atque pontificuin vel de Ecclesiarum utilitatilus tractaluri. » Pracfatio concilii Agath.
Sans doute, la province d'Arles était privilégiée sous ce rapport. Elle devait cet avantage à ses relations avec Rome et au contact de monastères d'une sévérité de mœurs éclatantes. Mais il n'en était pas de même dans rA(juitaiiie et d'autres régions de la Gaule. Les historiens de cette période nous dépei- ♦rnent le relâchement des mœurs et les habitudes du clergé sous un jour bien contraire h la volonté de l'Église. Qui n'a lu avec stupéfaction les plaintes, les reproches acerbes, les laits précis d'un Salvien et d'un Sulpice Sévère, de Grégoire de Tours et d'Hilaire sur le penchant des hommes d alors pour la luxure? L'atmosphère barbare où l'on vivait, la conséquence de la chute de l'empire, les révolutions politiques par lesquelles passa le pavs, l'occupation arienne, un mauvais choix de vocations soit pour l'épiscopat soit pour le clergé, voilà ce qui avait amené la déchéance morale. Les prêtres persécutés, les évêques vivant dans l'isolement, la science bannie, comment la nature n'aurait-elle pas entamé les conquêtes de la grâce?
Ce que M. Allard nous dit si bien dans la vie de Sidoine Apollinaire \ existait du temps de notre concile. Plusieurs chefs de diocèse, hommes du monde promus à l'épiscopat pendant leur mariage, sans formation sacerdotale, pouvaient-ils imposer à leurs coopérateurs ce qu'ils ne pratiquaient pas euxmêmes? D'ailleurs, étaient-ils sufTisamment éclairés sur l'obligation de la loi et leur culpabilité? Et dans ces conditions avaient-ils l'autorité pour dominer leur troupeau et le conduire dans les sentiers d'une virile réformation? Pouvaient-ils parler haut, comme