I. Can
qu'ils se convertissent^, mais par ailleurs, il ne faut pas une sévérité excessive.
« S'il arrive a quelque évêque d'oublier la modération qui lui sied et d'excommunier un clerc innocent ou légèrement coupable, ou bien de repousser celui qui implore sa grâce, les évoques du voisinage voudront bien intervenir et ne pas refuser leur communion à la victime jusqu'au prochain synode'-^. »
Voilà une décision qui fait le plus grand honneur aux Pères du concile. Prêcher la mansuétude aux dii^nitaires, restreindre les abus de pouvoir, les abolir même, n'est-ce pas que cela soulage l'observateur? On a tant crié contre la tyrannie des chefs de diocèse et l'usage inconsidéré, à travers les siècles, de l'excommunication que ce canon si humain prend une importance extrême au point de vue historique. Le prêtre, le fidèle sait par lui qu'il existe un recours contre les arrêts injustes. Il pourra parler, avoir un débat contradictoire, se défendre devant un synode. Et si, par hasard, il vient à mourir dans l'intervalle, la sentence sans miséricorde du juge terrestre ne prévaudra pas contre lui au jugement de Dieu. Césaire ajoute, en effet, dans le même canon : « Au cas où le recours serait refusé, le péché retomberait tout entier sur celui qui a porté l'excommunication ».
Il semble qu'à méditer ce texte et à peser chaque mot, on transperce l'àme même du président du concile. En faisant sa rédaction, un peu embrouillée, il avait vraisemblablement de l'inquiétude. Tout en